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Primaire contre parti il faudra bien choisir

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L'actualité politique voire politicienne des derniers jours concerne la vie des deux principaux partis de gouvernement puisque le PS et l'UMP organisent leur congrès. Ce jeudi les socialistes élisent leur premier secrétaire et les adhérents de droite doivent valider le nouveau nom et les nouveaux statuts de leur formation. Mais ces deux moments importants pour les deux partis soulignent une contradiction originelle dans la Constitution de la Vème République.

Dès 1946 dans son discours de Bayeux, le général De Gaulle juge que "la rivalité des partis revêt chez nous un caractère fondamental sous lequel s'estompent trop souvent les intérêts supérieurs du pays" puis en 1958 il installe de nouvelles institutions destinées à mettre fin au régime des partis. Et pourtant l'article 4 de la Constitution stipule que "les partis et groupements politiques concourent à l'expression du suffrage". Les partis politiques restent donc un élément central dans la vie politique française, voilà pourquoi pour Nicolas Sarkozy et François Hollande le contrôle direct ou indirect du parti est fondamental mais l'importance et la prééminence de la fonction présidentielle font de ces structures des coquilles désespérément vides.

Vides de militants. Ils seraient environ 130.000 au PS autour de 200.000 à l'UMP, et si l'on ajoute les estimations pour le FN, le PC, EELV et les centristes on arrive gentiment au demi-million pour l'ensemble des partis représentés à l'Assemblée Nationale.

Vides de sens. Un ministre socialiste raconte que "les partis sont la plus mauvaise école pour apprendre à réfléchir" . Les motions du PS (une quarantaine de pages à chaque fois) touffues et verbeuses alternent entre le catalogue de propositions et des considérations nombrilistes qui n'intéressent que les solferinologues. Quant à l'UMP, tout reste à écrire à part le nom mais à quoi bon ? Le parti peut bien lancer des pistes, à la fin c'est le candidat qui fait le programme, libre à lui de s'inspirer ou pas des plateformes de sa formation. En 2012 Jean-François Copé reconnaissait que les propositions de l'UMP seraient une boite à outils à disposition du candidat, libre à lui de piocher dedans ou pas.

En revanche, les partis sont bien plein d'ambitions. Cambadélis n'a jamais souhaité être ministre mais a toujours voulu devenir le premier des socialistes. Copé et Fillon ont failli détruire leur camp pour devenir président de l'UMP et finalement Nicolas Sarkozy a écourté sa traversée du désert devenue traversée du bac à sable pour reprendre le poste.

Aujourd'hui - et pour une fois l'expression n'est pas galvaudée - les partis politiques français sont à une époque-charnière de leur Histoire avec l'instauration des primaires, à l'exception du Front National. Ce mode de désignation des candidats a des aspects rassurants : il voit des millions de français débattre et se passionner pour un débat politique mais a contrario , c'est le militantisme instantané et sans lendemain. Il suffit de verser quelques euros le jour même, les primaires sont à l'engagement politique ce que sont à l'aviation les compagnies à bas-coût. Une envie à l'instant T pour pas cher.

Les primaires ne sont pas la cause de la désaffection des partis politiques, elles en sont la conséquence. Mais les responsables des dit-partis en ont-ils conscience ?

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