LE DIRECT

Quand le CSA devient le Conseil Supérieur de l'Absurde

3 min

Nous sommes entrés lundi 9 mars dans la campagne officielle pour les élections départementales mais France Culture donnera très peu la parole aux candidats car les règles édictées par le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel nous empêchent quasiment de couvrir cette campagne.

Le CSA nous impose le principe d'équité. Si nous nous rendons dans un canton, nous devons donner la parole aux principaux binômes et citer les noms de tous les autres. Qu'est-ce qu'un binôme « principal » ? Sa représentativité se mesure à l'aune des résultats des précédents scrutins, de sa présence dans la campagne et des sondages. Plus un candidat est connu et plus il haut dans les sondages, plus il doit être exposé...

Mais imaginons un candidat aux cantonales invité pour parler d'autre chose, il est quand même comptabilisé. France Culture a reçu la députée socialiste Karine Berger spécialiste des questions budgétaires et en lice dans les Hautes-Alpes, l’UDI Nicolas Perruchot, auteur d'un rapport sur les comités d'entreprises engagé dans le Loir-et-Cher ou encore le député PS Nicolas Gallut spécialiste de la fraude fiscale et candidat dans le Cher. A ces trois là pas une question sur les départementales n’a été posée mais ils ont été exposés et donc nous devrons donner la parole à leurs principaux concurrents même quatre semaines plus tard au milieu de la nuit !

Par conséquent, nous avions invité l’écologiste Alain Lipietz pour nous parler du dérèglement climatique mais comme il se présente dans le Val de Marne, nous avons préféré annuler sous peine de devoir donner la parole à ses adversaires. De la montée des eaux au versement du RSA ou à l'entretien des collèges à Villejuif il n'y a qu'un pas que le CSA franchit à grandes enjambées... Pourvu qu'Adèle Van Reeth n'invite pas un candidat-philosophe ou un Alain Kruger un candidat-cuisinier, sinon aux yeux du CSA, ce serait de la campagne électorale !

A l'heure des réseaux et de l'information à carte où chacun sélectionner, écouter et réécouter la radio, le CSA pense encore que l'information est linéaire et qu’elle se fait au poids ,que peu importe le propos, une minute égale toujours une minute. Le mieux est devenu l'ennemi du bien.

Mais alors, pourquoi ne pas aller plus loin dans cette logique comptable puisque le CSA ne fait confiance au libre-arbitre des journalistes audiovisuels ?

On élit aussi les parents d'élèves, alors une minute de PEEP égale une minute de FCPE dans nos reportages ?

On élit les représentants du personnel alors il faut donner la parole à tous les syndicats ?

Sortir la calculatrice pour les représentants de toutes religions ?

Le boulier pour les tenants d'une agriculture bio et ceux qui défendent les OGM ?

La balance à plateau pour les pro et les anti-Bachar ? Le chronomètre pour les supporters de l'OM et ceux du PSG ?

Aujourd'hui, le CSA se comporte en ordre des journalistes – ce qu'il n'est pas – sa devise est « Tout ce qui vous regarde » mais le CSA se mêle de ce qui ne le regarde pas.

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......