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Quand Manuel Valls triangule malgré lui

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Ne tergiversons pas : l'aller-retour Poitiers-Berlin de Manuel Valls en Falcon de la République samedi pour assister à la victoire du Barça est d'une grande maladresse. L'UEFA a eu beau expliquer hier que le Premier ministre s'y était rendu à l'invitation de son président Michel Platini, depuis 3 jours la communication de Matignon est flottante, hésitante et confuse. Ce déplacement ne figurait pas à l'agenda officiel du chef du gouvernement et le simple fait que Valls-le-roi-de-la-com’ soit si embrouillé, si erratique dans ses explications et qu'il réagisse toujours avec un coup de retard prouve que ce voyage n'allait pas de soi. Comme le disait mardi le député Les Républicains Philippe Gosselin en salle des quatre-colonnes "nous ne sommes pas dans l'illégalité mais dans la légereté".

Mais ce voyage avec en plus deux des fils du Premier ministre ne donne pas spécialement des munitions à l'opposition. Mardi toujours, lors des questions d'actualité au gouvernement, quelques députés de droite ont fait quelques allusions mais aucun n'a posé de question directe sur ce voyage. C'est le Premier ministre qui en a lui-même parlé, fidèle à l'adage footballistique et politique "la meilleure défense c'est l'attaque".

Sur les réseaux sociaux également l’on a vu passer très peu de critiques incisives de la droite. Explication de la porte-parole LR Isabelle Le Callenec : "on n'avait pas besoin de poser des questions, il y a eu des allusions, ça suffisait" .Explication d'Eric Ciotti :"le débat est sur la place publique, pas la peine d'en rajouter ". Thierry Mariani se contente de demander le remboursement des sommes représentant le voyage des enfants de Manuel Valls…

Mais alors que se passe-t-il chez Les Républicains qui cognaient comme des sourds sur le gouvernement en congrès il y a dix jours ? Que se passe-t-il dans ce parti où Nicolas Sarkozy a nommé Roger Karoutchi "délégué national à la riposte", ce dernier se contentant de 3 tweets pleins de sous-entendu mais sans plus. C'est très simple, le parti ne peut guère exploiter l'événement deux semaines après que Nicolas Sarkozy a utilisé un jet privé pour un aller-retour Paris-Le Havre payé par l'UMP, un parti endetté, qui vit des cotisations de ses adhérents, mais aussi d'argent public.

Voilà donc Manuel Valls qui triangule sans le vouloir. Il renvoie à la droite ses propres pratiques, il ne l'a pas fait exprès mais il la neutralise.

C’est aussi le cas avec cette évacuation des migrants installés sur une place du 18ème arrondissement de Paris, impossible pour l'opposition de critiquer l'opération, impossible non-plus de l'approuver, elle est coincée. Idem sur les mesures annoncées mardi en faveur des PME et des TPE plutôt bien vues par le patronat.

Cela devient une habitude, Manuel Valls fâche une partie de la gauche et englue la droite. Cela va sans doute continuer avec les débats sur la loi Macron de retour à l'Assemblée. Décidément, l'opposition a du mal avec ce Premier ministre même quand il commet de belles boulettes. Peut-être parce qu'il lui ressemble un peu trop…

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