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Raffarin, Sarkozy et le baiser de la mort

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Le chemin n'était pas si droit et la pente était trop raide pour Jean-Pierre Raffarin qui visait la présidence du Sénat.

Dans les couloirs du Palais du Luxembourg, on nous promettait un duel plus serré qu'il y a 6 ans et Jean-Pierre Raffarin apparaissait même comme favori fasse à "l'ex" Gérard Larcher. Claude Bartolone, le président socialiste de l'Assemblée pariait lui-même sur le sénateur du Poitou. Mais non, avec 80 voix contre 55 Gérard Larcher a plié la primaire UMP et fait encore mieux qu'en 2008.

Depuis un mois, Jean-Pierre Raffarin s'était rapproché spectaculairement de Nicolas Sarkozy. En 2011, il dénonçait son "tournant jacobin" qui avait fait perdre le Sénat à la droite. Le 7 septembre dernier à Nice il faisait acclamer Nicolas Sarkozy, officialisant son ralliement à l'ancien président. "On peut se demander si le soutien de Sarkozy à Raffarin ne justifie pas l'importance de l'écart" reconnaît le jeune sénateur du Maine-et-Loire Christophe Béchu qui a voté Jean-Pierre Raffarin.Ce soutien aurait en effet provoqué l'effet inverse, les sénateurs de droite n'ont jamais débordé d'amour pour ce Sarkozy pas assez amateur de bon vin et de bonne bouffe, trop pressé, trop urbain, trop bavard, trop pressé, trop agité, trop décidé à réduire le nombre de parlementaires. Et puis l'inconstance et l'emballement de Jean-Pierre Raffarin qui a beaucoup fait campagne dans les media ont sans doute dérouté ces parlementaires qui aiment le calme et la discretion. Alors que Gérard Larcher a délaissé les micros et les caméras.

Politiquement parlant, un proche d'Alain Juppé nous confie même que ces sénatoriales valident la stratégie du maire de Bordeaux : "la droite n'a la majorité absolue qu'avec l'UDI, preuve que l'alliance avec les centristes est la clé" , elles invalident aussi la thèse de l'homme providentiel. Nicolas Sarkozy n'est pas le roi Midas qui transforme tout en or, au contraire, celui qui n'avait assisté qu'à un seul meeting pendant les municipales - pour soutenir NKM à Paris - a plombé Jean-Pierre Raffarin qui avait jusqu'ici le profil idéal pour devenir président du Sénat. C'est tout le paradoxe de cette élection interne, l'ex Premier ministre soutenu par l'ex Président de la République a fait toute sa campagne en se présentant comme un homme neuf. Mais le soutien de Nicolas Sarkozy a eu cet effet prodigieux de rendre Jean-Pierre Raffarin trop bling-bling pour les sénateurs de droite, appréciez l'oxymore. Avec Nicolas Sarkozy tout, mais alors vraiment tout, devient possible.

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