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Révoquons la révocation

3 min

Partout en France, dans 500 points de vote jusqu’à ce soir, le Parti de Gauche organise une vocation citoyenne pour organiser un référendum sur la révocabilité des élus. La révocabilité permettrait à mi-mandat de convoquer un référendum pour démissionner d’office un élu.

Pour qu’il quitte son siège, il faudrait que le nombre de oui soit supérieur au nombre de voix obtenues pour son élection. Une mesure nécessaire selon le parti de Jean-Luc Mélenchon car les citoyens seraient « dépossédés de la souveraineté politique ». Il est vrai que le non à la constitution européenne a été piétiné, étouffé par le traité de Lisbonne et que les électeurs du MODEM et du Front de Gauche ne se retrouvent pas dans la politique menée par François Hollande qu’ils ont pourtant contribué à élire.Mais faut-il pour autant créer des élus révocables ? Sans doute pas.

Donner cette possibilité aux électeurs, c’est assurer une coïncidence encore plus implacable et préjudiciable entre le temps politique et le temps médiatique. C’est l’impossibilité absolue pour un élu de travailler sur le long-terme. Ce serait l’élection permanente dans un pays où l’on vote déjà à peu près tous les ans, le référendum « pour ou contre M ou Mme X » qui nous promettrait des campagnes toujours plus violentes.

Sans oublier que cette révocation existe déjà… on appelle cela les élections ! Parfois, les élus sont congédiés, parfois, le peuple souverain en réélit en délicatesse avec la justice : Patrick Balkany aujourd’hui, Jacques Mellick ou Jean-Pierre Kucheida autrefois mais l’élection reste la plus mauvaise des solutions à l’exception de toutes les autres.

Cela étant dit, des pistes existent pour améliorer le système et obliger les élus à écouter le peuple pendant leur mandat: la proportionnelle, la fin du droit de dissolution, le non-cumul des mandats dans la durée, le référendum d’initiative populaire voté en 2008 mais jamais promulgué, l’inéligibilité à vie pour les élus convaincus de fraude fiscale ou corruption, une promesse de François Hollande après l’affaire Cahuzac très vite enterrée.

Plutôt que de créer une nouvelle usine à gaz, mieux vaut améliorer l’existant. Il faut donc révoquer la révocation des élus qui correspondrait, de surcroît, à instaurer le licenciement en cours de CDD...une drôle d’idée pour un parti de gauche !

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