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Sur les indemnisations chômage, Manuel Valls défie François Hollande

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Pour la première fois depuis l’arrivée de Manuel Valls à Matignon, voilà poindre un désaccord politique majeur entre lui et François Hollande à propos des indemnisations chômage et de leur possible dégressivité.

Depuis 48 heures, le dialogue se fait à distance : à Londres lundi, au pays de Tony Blair et David Cameron, Valls déclare qu'il faut inciter "d'avantage au retour à l'emploi" .

Hier après-midi à l'Assemblée il estime que le débat sur la dégressivité "est légitime".

Réponse évasive de François Hollande depuis Milan au sommet européen consacré à l'emploi - un comble - "l a seule réforme pour moi qui compte c'est celle qui peut apporter plus d'emplois". La formule est alambiquée mais voilà le chef de l'Etat embarrassé, irrité sans doute mais nettement moins affirmatif que le 14 janvier quand il déclarait en conférence de presse : "ce n'est pas à un moment où il y a un taux de chômage élevé qu'il faut réduire les droits des chômeurs".

En bousculant l'un des totems de la gauche, Manuel Valls tente de rassurer la Commission Européenne qui passe son budget au crible et de pousser son avantage face aux frondeurs avec cette proposition détonante. Il bouscule aussi son président, il veut reprendre la main et forcer celle de François Hollande.

Pour le Premier Ministre l'état de grâce sondagier a duré 3 mois puis, à partir de juillet il s'est mis à dégringoler à la vitesse d'Edith Cresson, une situation contre-productive pour l'exécutif car Valls ne sert même pas de fusible à Hollande qui a continué à s'enfoncer. Alors, pour se décoller du chef de l'Etat, Valls revient à ses fondamentaux : bousculer la gauche et trianguler à droite, une droite soudée et requinquée par une autre idée de réforme, la modulation des allocations familiales lancée, elle, par des députés socialistes.

A la fin du mois d'août, Manuel Valls avait déjà mis François Hollande au pied du mur en menaçant de partir si Montebourg et Hamon n'étaient pas virés, le Président avait obtempéré. Aujourd'hui, il l'oblige à se positionner face à une mesure impopulaire à gauche mais plébiscitée par 65% des français selon un sondage Odoxa pour le magazine CHALLENGES.

De toute façon, ce sont les partenaires sociaux de l'UNEDIC qui décident de l'indemnisation des chômeurs et devront négocier une nouvelle convention pour la mi-2016 mais Valls veut accélérer le tempo, lui qui déclarait selon Le Monde à la mi-septembre "sans résultats rapides ce sera foutu". Il veut donc obliger Hollande à bouger.

Le premier ministre aime les guerres de mouvement, le président préfère les guerres de position, deux stratégies parallèles pour le moment mais qui risque de devenir frontales.

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