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Suspens sur la date du prochain congrès du PS

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C'est un suspens insoutenable et pas seulement pour les journalistes politiques qui doivent préparer leur planning de reportage ou pour les délégués au congrès qui attendent cette longue nuit de tractations entre motions que l'on appelle "la nuit des garçons bouchers".Car la date du congrès a un enjeu politique de premier ordre.Quand l'organiser ? La haute autorité du PS - consultative - préconise le premier semestre 2015 conformément aux statuts mais l'exécutif et Jean-Christophe Cambadelis préféreraient un peu de souplesse, en 2016, au plus près de la présidentielle en espérant que la situation économique et sociale se sera améliorée.Car un congrès dès 2015, c'est à dire dans 7 mois maximum, c'est une chance pour les frondeurs de prendre le parti, la base étant excedée par l'absence de résultats. A l'inverse, en 2016, le plus tard possible, à l'approche de la campagne pour 2017 les voix discordantes seront tentées de se taire face au risque d'un nouveau 21 avril.La décision tombera demain. Si la direction du PS ne suivait pas l'avis consultatif de la haute autorité, cela ferait désordre d'autant que son président s'appelle Jean-Pierre Mignard, l'avocat ami intime de François Hollande.Alors les Hollandais essaient de se préparer sereinement au pire."Reprenez les congrès à travers l'histoire" nous explique un sénateur PS influent. "Combien ont été vraiment déterminants ? Alors il ne faut pas s'emballer" .Il est vrai que peu de congrès ont été vraiment conclusifs parmi les 76 qui se sont tenus depuis 1905 : le premier dit "congrès du Globe" unifie les socialistes sous la bannière SFIO, Tours en 1920 voit la scission avec les communistes et Epinay en 1971 installe Mitterrand à la tête du parti. A Rennes en 1990 et à Reims en 2008 le parti se déchire autour des personnes mais pas autour de la ligne. Dont acte.Mais pour un membre du gouvernement "il est fort possible que dans quelques mois le parti ne soit pas sur la ligne du gouvernement. Mais rien ne dit qu'une primaire désignerait un candidat venu de la gauche du PS" . Politique fiction ? Pas forcément. En 1994, en pleine "Delors-mania" le Congrès de Liévin porte Henri Emmanuelli à la tête du Parti avec une ligne "à gauche toute" mais finalement, les militants désignent le social-démocrate Jospin candidat à la présidentielle de 95 au détriment d'Emmanuelli.La décision qui tombera demain est donc importante et pourrait avoir une autre conséquence. Car organiser un congrès dès 2015, c'est montrer que le PS ne joue pas avec le statuts, qu'il ne les transgresse pas. Or, ces statuts prévoient l'organisation d'une primaire pour désigner le candidat socialiste à la présidentielle et qui deviendrait alors incontournable.

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