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Tempête dans une cabine téléphonique

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Après le Front de Gauche, après les Verts, après les frondeurs socialistes, voilà les radicaux de gauche au bord de la rupture avec l'exécutif. Leur président Jean-Michel Baylet, battu aux sénatoriales il y a 10 jours a rendez-vous à l'Elysée tout à l'heure à 16 heures et demain le PRG doit décider de sa place au sein de la majorité et donc du gouvernement.Que vont faire les radicaux ? Il y a comme un air de IIIème ou de IVème République mais cette tempête dans une cabine téléphonique est bien celle de 2014 car un député PS nous explique que la gauche a échappé à une nouvelle crise gouvernementale la semaine dernière. Les radicaux étaient furieux d'être passés de 10 à 6 sénateurs à cause - disent-ils - de grands électeurs socialistes qui n'auraient pas voté pour eux. L'incendie a été éteint en offrant aux radicaux des postes intéressants en commission à l'Assemblée Nationale, ces mêmes radicaux qui avaient accepté de rester au gouvernement Valls II en échange du maintien des conseils généraux. Des postes et des sièges, voilà ce qui motive ces aspirants-frondeurs, un langage que comprend bien François Hollande puisqu'il y a cédé. Le chef de l'Etat qui se complaît, encore et toujours, dans les petites combinaisons et dans les grandes discussions d'appareils. Sa grande réforme territoriale en a fait partiellement les frais, jusqu'où ira-t-il pour conserver au sein de la majorité les 16 députés PRG ? Seize députés qui comptent, Manuel Valls n'ayant obtenu la confiance qu'avec 25 voix d'avance.Oubliée la majorité plurielle, la majorité devient une petite épicerie où le dernier allié vient faire ses petites emplettes mais sans conjurer le risque d'une majorité socialo-socialiste. Il suffit d'entendre les imprécations de Jean-Christophe Cambadélis hier matin : "l'ensemble des partis de gauche et les écologistes sont nos alliés même s'ils sont critiques" . Prophétie auto-réalisatrice ? Prophétie auto-réalisatrice ? Le PS n'a jamais été aussi seul et autant divisé, otage du plus petit des partis de gauche, obligé tantôt de lâcher pathétiquement du lest, tantôt de jouer au petit-chef.Dans cette situation le vote utile devient un vote nécessaire à gauche pour les régionales l'année prochaine où le front national est en passe de remporter une ou deux régions et pour 2017 car le député PS frondeur Pascal Cherki le disait hier midi sur France Culture : "si la gauche n'est pas rassemblée elle ne sera pas au second tour". La grogne des radicaux de gauche est le symptôme d'un mal profond : à force de nous promettre un gouvernement resserré, François Hollande et Manuel Valls nous ont fabriqué une majorité resserrée qui risque de voir son électorat bien rétréci.

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