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Thomas Piketty et la légion d'Horreur

3 min

"Je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable" . La formule signée Thomas Piketty a fait mouche le 1er janvier pour expliquer pourquoi il refusait la légion d'honneur. Et l’économiste de préciser sa pensée : "le gouvernement devrait plutôt se consacrer à relancer la croissance et l'économie".

L'ex-récipiendaire est d'autant plus excédé qu'il avait nourri l'équipe du candidat Hollande en notes et en fiches pendant la campagne. Il est à l'origine du projet de grande réforme fiscale (la promesse numéro 14) qui prévoyait la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu et le prélèvement à la source. Une promesse qui n'a toujours pas vu le jour et ne le verra sans doute pas d'ici 2017...

Officiellement, c'est la ministre de l'enseignement supérieur Geneviève Fioraso qui a proposé cette promotion, mais elle est validée par décret présidentiel alors comment ne pas y voir un élément supplémentaire dans la tentative hollandaise de reconquête des français ? François Hollande sait qu'il doit d'abord renouer avec les déçus de son propre camp, qu'il doit reconstituer son socle. L'année dernière il a perdu plusieurs pièces maîtresses de son dispositif gagnant de 2012 : Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, Aquilino Morelle, Faouzi Lamdaoui, Kader Arif, Thomas Piketty, Valérie Trierweiler… atteignant en même temps des abysses sondagières et électorales...

En petit malin de la politique, roublard comme Chirac, le chef de l'Etat a déjà fait entrer Ségolène Royal au gouvernement, lancé une offensive de charme en direction des écologistes - il a vu Nicolas Hulot vendredi et verra Jean-Luc Benhamias ce jeudi mais il y a encore du boulot du coté de Cécile Duflot à la lire dans le JDD - et il a donc dégainé sa rosette en direction de Piketty.

Bien sûr ne voyons pas dans cette décoration une simple démarche politicienne. Dans ses voeux du 31 décembre, François Hollande demandé à cesser "le dénigrement et le découragement de la France" et le gouvernement a lancé le mot clé #fierdelafrance sur twitter. Il était donc logique de saluer l'auteur du Capital au XXIeme siècle au même titre que les nobel Tirolle et Modiano. Mais il y a aussi dans cette démarche l'envie de renouer avec une caution de gauche de sa campagne, tellement plus "Bourget" qu'Emmanuel Macron ou Manuel Valls.

François Hollande et ses ministres auraient dû faire preuve d'une sagesse toute jospinienne sur cette affaire. On se souvient de l'essai du désormais sage du conseil constitutionnel "Le Mal Napoléonien" et sur les mauvaises pratiques de l'Empereur propagées jusqu'au XXIème siècle. Bonaparte disait "c'est avec des hochets que l'on mène les hommes" . Piketty n'a pas voulu de son hochet !

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