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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur François Hollande sans jamais oser le demander…, par Frédéric Says

3 min

Il n’est plus une semaine ou presque sans que ne sorte un documentaire, un livre, un film sur les coulisses de la présidence de François Hollande. C’est ainsi que dans quelques jours paraîtra une bande dessinée sur la vie à l’Elysée. Le dessinateur Mathieu Sapin a passé près d’un an dans les coulisses du « Château », comme l’appellent les habitués - ou ceux qui veulent faire semblant d’en être.
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François Hollande à l'Elysée, le 7 avril 2015. Crédits : Philippe Wojazer

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"Le Château" , c’est d’ailleurs le titre de cette BD. Un constat, à la lecture : l’Elysée, c’est comme la production de l’arsenal militaire de Venise au temps de sa splendeur : une galère par jour. L’on y voit sans surprise un François Hollande, aux petits soins avec les journalistes, qui s’enquiert de l’état de fatigue des uns, délivre des bons mots aux autres, des confidences aux troisièmes. Mais l’intérêt majeur du récit n’est pas là. Il réside dans un contraste, un paradoxe diffus : alors qu’au fil des pages, l’auteur Mathieu Sapin visite les différents services de l’Elysée (cuisiniers, huissiers, sécurité, protocole), tous d’un professionnalisme quasi-maladif. Eh bien on découvre en parallèle à quel point la communication du chef de l’Etat est à l’inverse empirique , dépareillée, improvisée.

Le premier exemple est la genèse de cette bande-dessinée. Il s’agit donc de passer un an dans les coulisses du Saint des Saints. Comment l’auteur a-t-il obtenu cette autorisation ? L’on imagine forcément des stratèges en communication, des spins doctors , peser le pour et le contre avant de donner leur imprimatur, anticiper les risques et les éventuels bénéfices en termes d’image pour un tel projet.

Eh bien non. Après avoir envoyé plusieurs demandes par les canaux officiels, Mathieu Sapin s’est tout simplement... procuré le numéro de portable du chef de l’Etat . deux SMS, huit minutes d’entretien, et voici notre auteur de BD, un peu éberlué, qui vient d’obtenir un passe quasiment tous accès à l’Elysée pendant plusieurs mois.

L’exemple n’est pas isolé, on apprend dans l’Express que François Hollande a décidé tout seul de se rendre il y a dix jours sur le plateau de Canal , tout comme il a décidé seul d’accorder une interview au nouveau magazine Society.

Il en devient du coup presque comique de lire les analyses des spécialistes de communication et autres toutologues , qui assènent avec l’autorité de la compétence qu’il s’agissait là d’un plan de com’ mûrement réfléchi : « cette fois-ci c’est sûr, François Hollande veut reconquérir l’électorat bobo, c’est donc que 2017 est bel et bien lancé ». En réalité, l’Elysée reste sans doute l’une des institutions de France où la communication est la moins verrouillée.

Ce n’est d’ailleurs pas fini. A l’automne, devrait sortir un film sur les coulisses de l’Elysée, signé Yves Jeuland. Il fait suite à un autre film de Patrick Rotman , devinez sur quoi… les coulisses de l’Elysée. Itélé, France 2, M6 ont aussi eu droit à des visites privées, où l’on voit la préparation des dîners d’Etat, la vaisselle des assiettes en porcelaine.

Alors certes l’intention est louable, il s’agit de montrer que l’Elysée est la maison de tous les Français, et qu’elle n’a donc pas de secrets pour eux… Louable mais contestable. Car là où le microcosme verra effectivement l’ouverture et la simplicité, le grand public risque de retenir surtout le faste et les dorures. Et surtout ce contraste qu’on évoquait entre un service du président toujours impeccable et un service des Français qui tâtonne.

Aimera-t-on davantage François Hollande parce qu’il fait rentrer les projecteurs dans les cuisines de l’Elysée ? Pas sûr… Trop de coulisses tue la coulisse.

L’on avait critiqué Nicolas Sarkozy et son goût immodéré pour l’exposition médiatique. Mais à côté du dispositif actuel , l’ancien président passerait presque pour un mutique moine trappiste au bord de la dépression.

Frédéric Says

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