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Union nationale : la faute du Front National

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Marine Le Pen a bien failli rafler la mise en fin de semaine dernière quand, dans une précipitation doublée de maladresse et d'arrière-pensées politiciennes, des partis politiques se sont mis en tête d'organiser la marche de dimanche. En off, un membre du bureau politique de l'UMP sourit : « les français n'ont pas attendu les partis politiques pour descendre dans la rue dès mercredi soir, nous confie-t-il. Mais Marine Le Pen a fait preuve de petitesse, elle a pensé à elle avant de penser à la France ».

Pourtant, la perche était bien tendue et la présidente du FN l'a agrippée sur le thème du « on nous exclut et avec nous 25% des électeurs » comme si elle ne s'était pas exclue elle-même du champ républicain en demandant très vite après l'attentat le rétablissement de la peine de mort ou en tentant de fissurer l'unité nationale. Car elle et ses cadres n'ont pas souhaité marcher à Paris - c'est leur droit le plus absolu - mais avec ce discours en filigrane : Paris et ses bobos angéliques et multiculturalistes n'ont rien compris, à l'inverse des français de Province si lucides. Nous traduisons leur pensée mais Marion Maréchal-Le Pen ne dit pas autre chose : « à moins de considérer que les manifestations des ploucs de province ne valent pas celle de Paris, je ne vois pas en quoi participer en province est moins important que participer à Paris » . Ainsi donc Marine Le Pen a-t-elle défilé à Beaucaire (Gard) très loin de sa terre d'élection du Nord Pas de Calais.

Mais comme toujours dans la PME familiale, c'est Jean-Marie Le Pen qui a rappelé les fondamentaux Vendredi pendant la prise d'otages de la porte de Vincennes, il tweete « Keep Calm and Vote Le Pen » avant d'ajouter « je suis Charlie Martel » et dimanche pendant marche, il annonce sa candidature aux régionales en Provence Alpes Côte d'Azur.

Récupération ? Maladresse ? « Vous demanderez à Jean-Marie Le Pen, ne faites pas d'amalgame » répond Florian Philippot, vice-président du FN. Pas d'amalgame, donc, entre le fondateur et président d'honneur d'un parti, père de sa candidate à la présidentielle, élu député européen et candidat aux régionales sous son étiquette.

Le décrochage du FN a continué mardi après-midi à l'Assemblée pendant le beau discours républicain de Manuel Valls. La plupart du temps, les députés FN sont restés assis quand tous les autres se levaient. « Valls ne mérite aucun applaudissement" tranche Florian Philippot » .

Les tous derniers sondages montrent que Marine Le Pen n'a pas amélioré son image depuis la semaine dernière.

Comme François Hollande le 31 décembre, Manuel Valls a vanté mardi « la fierté d'être français » mais ces jours-ci, Marine Le Pen et son état-major n'ont pas donné le sentiment d'être fiers de la France.

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