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Valls et Macron appuient sur l'accelérateur

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La route est glissante mais le Premier ministre avait déjà passé la quatrième la semaine dernière en évoquant une réforme de l'assurance chômage. Hier il a passé la cinquième à propos du Grand Paris, excédé par le contre-projet des élus de la métropole parisienne opposés au projet gouvernemental... "Le moment est venu de bâtir" a déclaré Manuel Valls hier à Créteil qui propose d'avancer le calendrier de certaines infrastructures de 6 ans. Idem avec le projet de loi voté cet après-midi à l'Assemblée en procédure accélérée avec une seule lecture par chambre Manuel Valls veut dépasser les limitations de vitesse comme si, à l'approche du mi-quinquennat, la gauche risquait d'être en retard à son rendez-vous avec l'Histoire.

Selon Le Monde, à la mi-septembre juste avant le deuxième vote de confiance, Manuel Valls aurait confié "sans résultats rapides ce sera foutu" et dimanche Emmanuel Macron prenait le relais en déclarant au Journal du Dimanche "nous avons six mois pour créer une nouvelle donne en France et en Europe" . Le message est clair : alors que François Hollande se campe en un Mitterrand attaché à donner du temps au temps, Manuel Valls reprend à son compte un autre commandement mitterrandien : inscrire la gauche dans la durée. Le premier président socialiste de la Vème république avait été impressionné par la brièveté des expériences Blum et Mendès et avant même sa première élection il confiait à Pierre Mauroy que la gauche devait durer, pour montrer que son arrivée au pouvoir n'était pas un accident de l'histoire comme le pensait la droite, "une effraction" avait réitéré François Baroin en évoquant Lionel Jospin en 1997...

Mais pour Manuel Valls, le temps paraît aussi long qu'un embouteillage sur le périphérique d'une grande ville avec toutes ces promesses au point-mort ou en première : le pacte de responsabilité toujours pas effectif, la réforme territoriale déjà réformée avant même d'être votée, la réforme fiscale enterrée, la fiscalité écologique en carafe, le non-cumul des mandats pas avant 2017, le CICE voté à l'automne 2012 appliqué seulement depuis le printemps 2014.

Le premier ministre estime que le syndrôme du lame-duck menace François Hollande, le syndrôme du canard boiteux, comme ces présidents américains en fin de second mandat avec un Congrès hostile... sauf qu'Hollande n'en est qu'à son premier mandat.

Le prix Nobel d'économie de Jean Tirole remet du carburant dans le véhicule du Premier Ministre, ses thèses sur le marché de l'emploi sont assez proches de celles de Valls et Macron tentés d'écraser le champignon. Alors qu'en même temps François Hollande appuie sur le frein.

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