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"Y'a-t-il une crise identitaire à gauche?" par Stéphane Robert

2 min

On ne peut que s'interroger au vu de la ligne de fracture qui déchire l'actuelle majorité socialiste. C'est à tel point que certains se demandent si le Parti Socialiste, qui a jusqu'ici incarné le courant majoritaire à gauche, n'est pas en train de mourir. Et le quotidien Libération se demande, ce matin, à travers une grande enquête sur l'identité de la gauche : "c'est quoi finalement être de gauche?" ...Ce que dit cette enquête, c'est d'abord qu'il y a une progression des idées dites "libérales" en terme de finances publiques. Plus de 60% des personnes interrogées considèrent qu'on ne peut plus dépenser sans compter et qu'il faut maitriser le budget du pays. Il y a également le sentiment grandissant que notre société est de plus en plus inégalitaire. C'est la première préoccupation, besoin de plus d'égalité donc. Et une grande majorité considère qu'il faudrait redonner du pouvoir d'achat aux ménages modestes pour relancer l'économie. Tout ça parait assez contradictoire. Et ce qui en ressort, c'est un attachement à un certain nombre de grandes valeurs. Mais aussi et finalement que chacun fait son marché dans les idées de la gauche et que chez ces sympathisants, il n'y a pas véritablement de vision globale et de pensée cohérente d'une société qu'on pourrait qualifiée "de gauche".Alors maintenant, sur le plan de la représentation politique, il y a, dit Libé, une grande diversité, une extrème fragmentation des différentes familles de gauche. Six familles, au total, aux aspirations parfois très éloignées les unes des autres. Au milieu, les socialistes classiques. Différents des conservateurs de gauche attachés à la Nation à l'ordre et à la famille. A gauche, les antilibéraux. A droite, les sociaux libéraux. Et puis deux familles écologistes qui se décomposeraient entre, d'un côté, les alternatifs, plutôt antilibéraux et de l'autre, les écologistes centristes. Et toutes ces familles revendiquent le fait de représenter ce qu'est la VRAIE gauche, veulent s'approprier en quelque sorte les solutions pour répondre à toutes ces aspirations.Seulement, pour la moitié de ces sympathisants, 49% exactement, les différences, les désaccords qui existent entre les dirigeants de ces différentes familles sont uniquement liés à des postures en vue l'élection présidentielle de 2017. Pour le dire clairement, beaucoup estiment qu'ils ne croient pas aux idées et aux valeurs qu'ils prétendent incarner. Tout ça nous conduit à penser qu'il y a donc bel et bien une crise. il y a d'un côté une volonté de penser politiquement la société ... une aspiration à trouver des réponses politiques à l'évolution de la société. Et puis de l'autre, le sentiment que les partis ne portent plus les valeurs qu'ils sont censés incarner, qu'ils sont devenus essentiellement des machines à gagner les élections. En gros que la camelotte qu'on essaie de vendre aux électeurs ne correspond pas à ce qu'il y a marqué sur l'étiquette. Alors crise identitaire, oui, certainement. Qu'est-ce que c'est que la gauche ?, on ne sait plus très bien. Mais aussi et surtout une crise de crédibilité. Alors ce n'est sans doute en s'écharpant sur le changement de nom des partis ou sur l'opposition entre politique de l'offre et politique de la demande qu'on la résoudra.Il y a un besoin, à gauche, (mais n'est-ce pas vrai également pour la droite ?) de repenser de fond en comble ce que sont les clivages politiques en France et plus globalement ce qu'est LA politique et comment les électeurs, les citoyens, s'approprient ce qu'elle est censée leur apporter...

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