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Et maintenant, comment repartir en campagne ?

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La question est dans toutes les têtes des responsables politiques...

manifestation police
manifestation police Crédits : @commons

Dans 15 jours, c'est le 1er tour des élections régionales. Et il va bien falloir repartir en campagne. Il s'agit cependant de savoir quand ? et surtout comment ? Parce qu'évidemment, les attentats, il y a 6 jours maintenant, ont complètement changé la donne...Un certain nombre de candidats ont déjà relancé la machine. "Eh oui. Ca urge. Rendez-vous compte. Il n'y avait quasiment pas eu de campagne jusqu'ici..." Ca, ce sont les candidats pour lesquels ces régionales représentent un enjeu politique et personnel majeur...A droite, chez "les Républicains", ça concerne notamment Christian Estrosi, en PACA, chargé par Nicolas Sarkozy de faire barrage au FN. Son problème à lui s'appelle Marion Maréchal Le Pen. Ca s'annonçait déjà beaucoup plus serré que ce qu'il imaginait il y a encore quelques semaines, mais alors là ! Avec ce qui vient de se passer !... Les attentats vont-ils influencer le scrutin ? Et surtout dans quel sens ? C'est panique à bord pour Estrosi. Il était en meeting dès mercredi soir...C'est également le cas pour Philippe Richert face à Florian Philippot dans la région Grand Est...Et puis pour les jeunes loup de la droite, Valérie Pécresse en Ile de France et Laurent Wauquiez en Rhone Alpes Auvergne. Pour eux, ces régionales sont cruciales. Parce qu'ils ont des ambitions nationales. Oh par pour tout de suite. Pour dans cinq, dix, quinze ans.Et leur problème, c'est qu'au sein de leur génération, celle qu'on appelle la génération des quadras, ils ont un rival qui a déjà pris beaucoup d'avance en terme de notoriété : Bruno Le Maire. Et pour eux, ces régionales sont un moyen de réduire l'écart. Alors il faut qu'ils gagnent. A tout prix. C'est leur carrière qui est en jeu. Eux aussi sont repartis en campagne dès hier soir...Ca repart également du côté du Front National. Florian Philippot dans l'Est. Louis Alliot en Midi Pyrénées. Wallerand de St Just en Ile de France. Marine Le Pen, elle, estime avoir un peu d'avance et ne devrait embrayer que ce week-end...A gauche, en revanche, le Parti Socialiste n'est pas pressé d'y retourner. Pas avant "la semaine prochaine, début de la campagne officielle". Pour certains candidats, ce sera même en fin de semaine prochaine...Et pour cause. Le PS espère limiter la casse avec ce qui vient de se passer. Il attendait une très forte abstention de son électorat. Mais les attentats et la réponse très ferme (et sécuritaire) de François Hollande pourraient bien entrainer un regain de mobilisation. Mieux encore, il pourrait y avoir un vote légitimiste à gauche. C'est à dire qu'un certain nombre d'électeurs pourraient voter utile plutôt qu'en faveur des Verts ou du Front de Gauche...Alors la consigne, c'est de ne surtout pas trop en faire. Les tracts imprimés avant les évènements de vendredi dernier ont été mis à la poubelle. Et un certain nombre de réunions publiques pourraient se transformer en "moment de dialogues" avec les citoyens...Et le problème maintenant, et c'est valable pour tout le monde, c'est quoi dire aux électeurs ?Ils n'ont pas envie de prises de paroles clivantes, d'arguments partisans. L'heure n'est pas à la division mais au rassemblement. "La France est encore en situation de deuil et il faut le respecter", résume Alain Juppé.Face à une population plus encline à la crainte et aux doutes qu'à la colère, les candidats ne pourront pas adopter une attitude de va-t-en guerre qui tapent, à tout va, sur leurs adversaires. La guerre, si guerre il doit y avoir, il faut la faire oui, mais contre la menace jihadiste...C'est donc une drôle de campagne qui s'annonce dans les jours qui viennent. Une sorte de non-campagne à l'issue de laquelle tout est ouvert. On ne sait pas bien comment vont se comporter les électeurs...

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