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Fekl ou Macron ? Fais ton choix citoyen

3 min

Je vous propose, ce matin, de faire un examen comparatif entre ce que proposent, ce que défendent, très différemment vous allez le voir, deux hommes, tous deux socialistes, et tous deux ministres de l'actuel gouvernement, Emmanuel Macron et Matthias Fekl...

Stéphane Le Foll, Emmanuel Macron, Matthias Fekl
Stéphane Le Foll, Emmanuel Macron, Matthias Fekl Crédits : ministère agriculture

Macron, inutile de le présenter. Il est au firmament de l'adulation médiatique. Ministre de l'économie. Il n'aime pas beaucoup les 35 heures, ni le statut des fonctionnaires. Bref, passons. On y reviendra plus tard...Intéressons nous d'abord à celui que l'on connait beaucoup moins. Matthias Fekl. Il a quasiment le même âge qu'Emmanuel Macron, 37 ans, bientôt 38, dans quelques jours.Et il est secrétaire d'Etat au Commerce Extérieur. Pour rappel, c'est lui qui a succédé à Thomas Thevenoud, l'éphémère ministre, à l'origine de la découverte d'une maladie rare inconnue jusqu'ici : la phobie administrative...Je vous dresse un rapide portrait. Ce n'est pas un révolutionnaire, Matthias Fekl. Il a fait Sciences Po, l'ENA. Il parle allemand. Il est titulaire, lui aussi, d'une maitrise de Philosophie. C'est un social démocrate. Elu conseiller municipal à Marmande, conseiller régional en Aquitaine, puis député en 2012, avant de devenir secrétaire d'Etat il y a un peu plus d'un an...Et si je vous en parle, ce matin, c'est que Matthias Fekl nous a fait une tonitruante sortie médiatique, hier matin. Dans le journal Sud Ouest, à propos du TAFTA, le traité de libre échange actuellement en négociation entre l'Europe et les Etats Unis... Et qu'a-t-il dit à propos de TAFTA ? Ce qu'on dit depuis des mois mais que personne ne voulait reconnaitre officiellement jusqu'ici. Que ça se déroule dans l'opacité la plus totale. On ne peut consulter les documents que dans des salles ultra-sécurisées à Bruxelles ou dans les ambassades américaines. Et il est interdit de faire des photos ou des photocopies...Il dit aussi que sur les points de négociation jugés très importants par les Européens, et les français en particulier, ça n'avance pas. Les américains ne font aucune proposition concrète et crédible...Et dans ces conditions, que la France pourrait jeter l'éponge. Allez hop, tout le monde dehors ! Ca suffit comme ça ! Oh, hé, hein ? Bon!...Ce qui pose problème, notamment, à Matthias Fekl, ce sont ces tribunaux arbitraux chargés de régler les conflits entre les entreprises et les Etats. Ces tribunaux que certains soupçonnent être des chevaux de Troyes dans la mise en oeuvre des politiques publiques. Ben oui, potentiellement, avec ces tribunaux, une multinationale pourra poursuivre en justice un Etat qui met en oeuvre une politique qui va à l'encontre de ses intérêts commerciaux...Ca ne peut pas se passer comme ça dit Fekl. Discutons-en. Mais les américains ne veulent rien entendre. On les met en place. Un point c'est tout. Passons à autre chose !...Non, non, non, non, non... Notre zélé secrétaire d'Etat avait d'ailleurs déjà dit au mois de juin, à propos du traité de libre échange signé il y a deux ans avec le Canada, le CETA, le petit cousin du TAFTA, que la France ne le ratifiera pas. Précisément à cause de ces tribunaux arbitraux prévus par le texte..."il est inacceptable que des États puissent être condamnés par des juridictions privées pour des choix de politiques publiques, démocratiques et souverains" avait alors dit Matthias Fekl. Eh oui, la France est encore un Etat souverain. Avec des gens pour défendre cette souveraineté...Et c'est là où nous retrouvons notre ministre de l'économie, Emmanuel Macron. Macron qui nous dit qu'il ne veut pas devenir député en 2017. Un parcours politique avant d'arriver aux responsabilités, ça c'est "un cursus d'un autre temps". Soyons moderne, pas besoin d'être élu pour diriger...Et ce qu'il nous dit là, c'est l'inverse de ce que nous dit Matthias Fekl. Car d'où un responsable politique tire-t-il sa légitimité pour prendre une décision souveraine qui s'impose à tous ? Du peuple. De son élection par le peuple...Alors certes, il y a aujourd'hui beaucoup d'abstention, et nos responsables politiques ont perdu beaucoup de crédit.Mais la solution, la réponse à apporter, est-elle qu'il faut se passer des élections ? Et de ce qui en découle : la souveraineté au nom de laquelle nos dirigeants prennent des décisions en notre nom ? Permettez-moi d'en douter...D'où ma question en préambule de ce billet : Fekl ou Macron ? Fais ton choix citoyen...

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