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François Hollande face à la difficile question des migrants

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C'est une question essentielle à laquelle doit répondre le président de la République qui tient, ce matin, sa 6ème conférence de presse depuis son élection. Que faire de tous ces migrants qui affluent vers l'Europe fuyant les guerres et les persécutions, en particulier en Syrie et en Irak ?

François Hollande, le 2 mars 2015 à l'Elysée
François Hollande, le 2 mars 2015 à l'Elysée Crédits : Matthieu de Martignac

Il a déjà donné un début de réponse, François Hollande, la semaine dernière, après la publication de cette photo d'un enfant syrien retrouvé mort sur une plage en Turquie et qui a révélé l'ampleur du drame.Il s'est rapproché de la position d'Angela Merkel, la chancelière allemande. Il faut un "mécanisme permanent et obligatoire", a dit le chef de l'Etat, pour accueillir ces réfugiés en Europe.Cette proposition sera soumise à un Conseil Européen des ministres de l'intérieur, le 14 septembre prochain. Et vise à répartir tous ces réfugiés entre les différents de l'Union... Mais on attend quand même un certain nombre de précisions, dès ce matin, sur la position de la France.Car François Hollande a effectué un revirement complet sur le sujet. En mai dernier, il avait catégoriquement rejetté les propositions allemandes et le principe de quotas européens.Il y a 4 jours, il a soigneusement évité d'employer ce mot, "quotas", pour ne pas avoir l'air de se dédire. Mais un "mécanisme permanent et obligatoire", ça veut dire la même chose...La difficulté pour François Hollande est donc, encore une fois, d'expliquer cette évolution. Et de ne pas apparaitre comme quelqu'un qui godille au gré des courants... Autre question délicate : comment ne pas apparaitre comme suiviste dans cette affaire?Car au niveau européen, c'est Angela Merkel qui a pris le leadership sur cette question des migrants. C'est elle qui donne le LA. Elle qui fait soudainement de l'Allemagne le premier pays défenseur des valeurs humanistes occidentales... Et puis on attend également des précisions sur la position de François Hollande face à celle de ses adversaires politiques. Marine Le Pen a rappelé ce week-end l'intransigeance du Front National. Pour elle, le migrant est une menace. Et il faut plus que jamais fermer les frontières...Nicolas Sarkozy, lui, a quelque peu infléchi sa position. Il ne compare plus ces vagues migratoires à une fuite d'eau qu'il faudrait colmater. Mais il propose d'installer des camps de rétention dans les pays limitrophes de l'Union Européenne. Et d'y faire le tri entre les migrants qui seraient éligibles à l'asile politique et les migrants économiques...Quant à Alain Juppé, il fait cette même distinction, en défendant toutefois une position un peu plus humaniste, rappelant qu'il a organisé, lui, à Bordeaux, l'accueil d'un certain nombre de familles... Et puis François Hollande doit aussi tenir compte de ce que lui réclame une partie de son propre camp, à gauche : la défense de valeurs morales d'accueil et de générosité...La position du chef de l'Etat est donc très attendue et n'est pas simple à déterminer.Il lui faut trouver un chemin entre toutes ces considérations : Ne pas abandonner les valeurs de gauche. Mais en même temps tenir compte des craintes et des réticences qui s'expriment...Et puis il lui faut surtout reprendre la main dans cette affaire. Fixer un cap, donner la direction, et ne plus apparaitre ballotter par les évènements...Il semble que ce soit le problème récurrent de François Hollande, depuis qu'il est élu président...

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