LE DIRECT

La droite prise en étau entre PS et FN

3 min

Le Front National progresse encore. Comme c'est le cas à chaque scrutin depuis maintenant 3 ans. Il était à 18% à la présidentielle en 2012 , à 25% aux européennes et aux départementales en mars dernier. Aujourd'hui, il est à 30...

étau
étau Crédits : @commons

Il bénéficie d'une véritable dynamique électorale. Ce qu'illustre, d'ailleurs, le regain de participation qui bénéficie essentiellement aux candidats frontistes dans les 3 régions où ils sont arrivés largement en tête : Nord Pas de Calais Picardie, Provence Alpes Cote d'Azur et Champagne Ardennes Alsace Lorraine...Dans ces 3 régions, le parti socialiste est laminé, entre 16 et 18%. Raison pour laquelle les deux candidats PS, dans le Nord et en PACA en particulier, Pierre de Saintignon et Christophe Castaner, se sont résolus à annoncer, hier soir, la mort dans l'âme, qu'ils se retiraient au nom du front républicain...Ailleurs, en revanche, les socialistes ne s'en sortent pas si mal. Ils sont à 23%, en moyenne, sur l'ensemble du territoire. Et sont en mesure, finalement, de sauver beaucoup plus de régions que ce qu'on imaginait au départ...Outre Midi Pyrénées Languedoc Roussillon, l'Aquitaine Limousin Poitou Charentes et la Bretagne, le PS peut espérer, à la faveur d'un report des voix écologistes et Front de Gauche, s'imposer dans quatre, cinq, peut être même 6 régions. C'est notamment le cas dans le Centre Val de Loire et en Normandie, pourquoi pas en Bourgogne Franche Comté, et peut être même en Ile de France et en Rhone Alpes Auvergne...Car ce qui frappe, tout particulièrement, dans les résultats de ce premier tour, c'est la faiblesse des candidats de la droite et du centre alors qu'ils sont dans l'opposition...Bertrand et Estrosi sont à 25 et 26% dans le Nord et dans le Sud est. François Sauvadet à 24% en Bourgogne Franche Comté. Hervé Morin ne dépasse pas les 28% en Normandie...Et même ceux qui dépassent les 30%, Valérie Pécresse en Ile de France et laurent Wauquiez en Rhone Alpes Auvergne, ne doivent pas fanfaronner ce matin. Car ils ont assez peu de réserves de voix vu que l'alliance avec les centristes s'est faite au premier tour...Et ça, ça nous dit plusieurs choses...D'abord que la majorité des transferts de voix en faveur du FN se sont faits au détriment de la droite. On a un véritable syphonnage des voix de droite par l'extrème droite. Exactement l'inverse de ce qui s'était passé en 2007 avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République...Dans ces conditions, les résultats de ce premier tour sont une très mauvaise nouvelle pour l'ancien chef de l'Etat. On voit là que sa stratégie d'aller braconner sur les terres du FN ne marche pas, ou plutôt ne marche plus...Et potentiellement, c'est une mauvaise nouvelle pour Sarkozy à double titre (ça dépendra des résultats du 2eme tour dimanche prochain). Car si le FN s'impose, comme on peut le supposer... dans 2 régions au minimum, ce sera dramatique pour l'ancien président car il n'apparaitra plus, aux yeux de son propre camp, comme celui qui est susceptible de faire barrage à Marine Le Pen, contrairement à ce qu'il clame depuis son retour en politique...Or la droite, en France, a un comportement bonapartiste. Elle est prête à suivre son chef aveuglement uniquement s'il apparait en mesure de remporter la victoire. Là, il y aura un doute. Et dans la perspective de la primaire à droite, ça peut être extrèmement préjudiciable pour Nicolas Sarkozy...Mais plus globalement, ce 1er tour des régionales est une mauvaise nouvelle pour la droite dans son ensemble. Car elle apparait, plus que jamais, scindée en deux. Entre d'un côté les partisans du ni-ni, ni FN ni PS, et ceux qui veulent maintenir une digue salutaire et républicaine avec le Front National...Or la grande question qui se posera dans beaucoup d'endroits, dimanche prochain, et même dans les mois qui vont suivre dans la perspective de 2017, c'est pour ou contre le Front National ?...Et le camp qui apparait, aujourd'hui, comme le rempart, c'est la gauche. La droite, elle, n'a pas de réponse claire et se retrouve prise en étau...Manuel Valls prévenait il y a quelques mois que la gauche pouvait mourir. La question se pose, désormais, de savoir si ce n'est pas ce qui pourrait arriver à la droite, en tous cas la drotie telle qu'on la connait aujourd'hui...

L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......