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La grande incertitude du second tour

3 min

Les brumes politiques hivernales tardent à se dissiper. Et dans l'air du petit matin, il plane encore comme une odeur de poudre électorale. Mais le calme est revenu sur le champ de bataille au surlendemain du premier tour des régionales...

brouillard
brouillard Crédits : @commons

Dans chaque état major, on compte les morts et les vivants. Et on élabore des stratégies en vue de l'affrontement final, dans 5 jours maintenant."Aaaaaah, là, c'est jouable. Pfffffffffiiiiouuu, là, en revanche, ça va être difficile. Et puis là, c'est même pas la peine d'y aller, c'est perdu d'avance. On se replie les gars. Allez. Il n'y a rien à espérer..."Mais que ce soit au PS, au Front National, ou chez "les Républicains" et leurs amis centristes, c'est l'incertitude la plus totale qui règne sur l'issue du combat, dimanche prochain...Car pour la première fois, cette bataille électorale se livre entre trois formations politiques, de force à peu près égale, sur le plan électoral. Et ça, ça change tout. Ca brouille toute lecture du scénario le plus probable...Reprenons les choses...La droite dite "républicaine", qui se voyait en position de force il y a encore quelques semaines, a pris une gifle.Elle n'est à peu près sûre de s'imposer que dans une, voire deux régions. Les Pays de la Loire et Rhone Alpes Auvergne. Et encore, Rhone Alpes Auvergne, ça n'est pas complètement fait. Et ailleurs... c'est très incertain...Le problème est que ses candidats plafonnent à 27, 28, 30, 32%. Et qu'ils n'ont pas, ou quasiment pas, de réserves de voix, les alliances avec les centristes ayant été réalisées avant le premier tour...Les socialistes, eux, ne s'en sortent pas si mal. Alors qu'on leur prédisait une nouvelle déroute, comme aux municipales et aux départementales, ils réalisent un score de 23% en moyenne. Et disposent potentiellement de réserves de voix : celles des candidats Front de gauche et écologistes.Et du coup, ils peuvent espérer l'emporter dans quatre, cinq, six ou sept régions, ce qui serait inespéré...Mais pour ça, il faut rassembler son camp. C'est pour cette raison qu'ils brandissent la menace Front National, qui reste un épouvantail pour ceux se sentent encore le coeur à gauche...Et pour bien montrer qu'ils revendiquent être le camp anti-FN à défaut d'être le camp de la gauche, ils ont décidé de sacrifier deux de leurs candidats. Dans le Nord Pas de Calais Picardie et en Provence Alpes Côte d'Azur...En Alsace Lorraine Champagne Ardennes, le candidat socialiste ne veut pas se retirer ? Qu'à celà ne tienne. On appelle à voter pour celui de droite. "Il faut voter Philippe Richert" a dit Manuel Valls, hier soir...Pour autant, est-ce que ces consignes de vote vont fonctionner ? Pas sûr. Car c'est oublié un peu vite les divisions qui minent la gauche depuis 3 ans, la bataille des frondeurs à l'Assemblée et le désarroi des électeurs qui ne savent plus à quel saint se vouer... Alors on peut imaginer que les reports de voix ne seront pas forcément très bon, peut être même pas bon du tout. Et dans ces conditions, combien de régions ? Ca devient très difficile à dire...Pour le FN aussi c'est incertain...Certes, les candidats frontistes sont arrivés en tête dans 6 régions. Et très largement en tête en Nord Pas de Calais Picardie et en PACA avec plus de 40%...Mais à priori, ils n'ont pas, ou très peu, de réserves de voix. Et ce ne sera pas facile de dépasser les 50%. Même pour Marine Le Pen et pour sa nièce, Marion Maréchal...On peut quand même dire, de façon à peu près certaine, que la plupart de ces candidats frontistes vont réussir à gonfler leur score du 1er tour, peut être même de façon assez significative.Car avec la question des migrants et les attentats, la campagne s'est focalisée sur des thématiques très nationales, immigration et sécurité. Thématiques sur lesquelles le FN prospère depuis de nombreuses années...Que les questions économiques, sur lesquelles la droite classique est plus légitime, ont été reléguées au second plan. Raison pour laquelle une partie de l'électorat de droite s'est reporté sur le Front National...Et que ce phénomène pourrait bien s'amplifier au second tour avec la perspective de victoires. C'est ce qu'on appelle la dynamique électorale...Dans ces conditions, les candidats frontistes peuvent réellement espérer l'emporter dans le Nord et dans le Sud Est. Et pourquoi en Alsace Champagne Ardennes et en Bourgogne Franche Comté...Les jeux, au bout du compte, sont très ouverts...

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