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Les migrants déboussolent la classe politique française

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Ils se sont invités au coeur du débat politique français...A l'approche des élections régionales au mois de décembre, ils déclenchent même un feu d'artifice de réactions plus ou moins contrôlées...

Angela Merkel avec des réfugiés à Berlin le 10 septembre 2015
Angela Merkel avec des réfugiés à Berlin le 10 septembre 2015 Crédits : Fabrizio Bensch - Reuters

A droite, en particulier, où le volte face d'Angela Merkel, et sa décision de rétablir provisoirement des contrôles aux frontières, semble avoir rétabli un semblant d'unité...

La semaine dernière. Ca fusait dans tous les sens. Personne n'était d'accord. "Oui, bien sûr, il faut en accueillir" disaient certains au nom d'un gaullisme à visage humain. "Pas question ! Qu'ils restent chez eux ! répondaient les autres, nous n'avons pas les moyens"... Aujourd'hui, c'est désormais le "Pas question" qui a le vent en poupe...Avec en première ligne, pour "Les Républicains", Bruno Le Maire, qui s'est empressé, hier, de dénoncer la "double erreur" d'Angela Merkel. Elle a fait une erreur "en décidant seule" a déclaré l'ex-candidat à la présidence du parti et futur candidat à la primaire. Et elle a fait une erreur en "laissant croire que l'Union Européenne pourrait accueillir tous les réfugiés de Syrie et d'ailleurs..."Ce sur quoi a renchéri le député de l'Yonne, Guillaume Larrivé, en charge de l'immigration chez "Les Républicains". "Ca valide le discours de Nicolas Sarkozy", a-t-il déclaré. Vous voyez bien qu'il faut renégocier les accords de Schengen et en attendant rétablir les contrôles aux frontières...Et Guillaume Larrivé, dans la foulée, de réclamer le rétablissement "provisoire des contrôles" à la frontière entre la France et l'Italie pour endiguer ces vagues de réfugiés qui pourraient déferler sur la France... A gauche maintenant...Alors qu'on célébrait, la semaine dernière, l'unanimité sur le nécessaire accueil de ces malheureux au nom de la générosité humaniste chère à la famille socialiste, on est aujourd'hui quelque peu embarrassé...Parmi les rares réactions, celle de l'ancien ministre, Benoît Hamon, qui a parlé de signal inquiétant...Et puis le ministre de l'intérieur, Bernard Cazeneuve, a estimé que l'Allemagne était "légitime à rétablir ces contrôles." Et qu'il avait lui même, il y a quelques semaines, pris la décision d'en rétablir à la frontière avec l'Italie...Pour le reste, c'est un silence gêné, qu'on observe aujourd'hui du côté du PS...Tandis que Marine Le Pen se réjouit de voir cette question s'imposer dans l'actualité à quelques mois d'une échéance électorale majeure pour elle. Dénonçant, hier, la "folie migratoire" déclenchée par l'Allemagne et ajoutant que le pays n'était "pas le paillasson de Mme Merkel"... Alors que peut-on conclure de tout ça ?Déjà que c'est l'Allemagne qui donne le LA. Les autorités françaises se sont montrées bien passives sur cette question...François Hollande est longtemps resté sans réaction et n'a emboité que tardivement le pas d'Angela Merkel en acceptant d'accueillir un certain nombre de réfugiés. Avant d'être une nouvelle fois pris à contrepied par cette décision de la chancelière de rétablir des contrôles aux frontières...Ensuite, que la classe politique française continue à se complaire dans des postures. A gauche, à droite, à l'extrème droite, on s'accuse, on s'invective, on se dénonce. Avec, dans la perspective des élections à venir, l'idée qu'il faut mobiliser son électorat...Et on en oublierait presque que ces migrants pose de vraies questions à la France et à l'Europe. Auxquelles il serait peut être bon de répondre... avec un peu de sang froid...

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