LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Mais où sont les écologistes ?

3 min

Ca va mal pour les écologistes. En particulier pour le principal parti à travers lequel ils s'incarnent politiquement, aujourd'hui, en France, Europe Ecologie Les Verts...

Cecile Duflot, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit lors des journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts mi-août à Nantes. originale
Cecile Duflot, Eva Joly et Daniel Cohn-Bendit lors des journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts mi-août à Nantes. originale Crédits : Stephane Mahé - Reuters

Les élections régionales, dans moins d'une semaine maintenant, s'annoncent, d'ores et déjà, très décevantes.Selon les régions, les candidats peuvent espérer 5, 6, peut-être 7%. Le seul qui peut envisager un score à 2 chiffres, c'est Gérard Onesta, en Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon...En tous cas, leur campagne électorale, tout comme les intentions de vote, ne décollent pas...Et les Verts, à l'issue de ce scrutin, seront vraisemblablement très en deça des 12% obtenus en 2010, ce qui leur avait permis de placer 263 élus au sein des différents conseils régionaux...Il faut dire qu'on a, aujourd'hui, un peu de mal à les suivre...Alors que la plupart des élus écologistes ont voté la prolongation de l'état d'urgence à l'Assemblée et au Sénat, suite aux attentats, certains se sont offusqués de l'interdiction de manifester décidé dans le cadre de cet état d'urgence. C'est notamment le cas de la secrétaire nationale du parti, Emmanuelle Cosse...Dès lors, comment se positionner suite aux violences qui ont lieu, hier, en marge des rassemblement organisés, malgré tout, à Paris, à l'occasion de l'ouverture de la COP21 ? C'est difficile... Ce ne sont "pas des militants écologistes, explique Cécile Duflot, ce sont des casseurs". Des casseurs, il y en a toujours dans les manifs...Il faut dire que les Verts comptaient beaucoup sur ces manifestations pour se faire entendre à l'occasion de la grande conférence sur le climat. Eh oui, parce que comme ils sont sortis du gouvernement, ils n'ont pas été associés à la construction du processus. Et cette COP21, dont tout le monde s'accorde à dire qu'elle est cruciale pour l'avenir de la planète, finalement, va se dérouler sans eux. Sans qu'ils puissent influer en quoi que ce soit sur ce qui va se négocier. Et d'un point de vue politique, évidemment, c'est dramatique. Comment exister dans ces conditions ?...Il est peut-être là, d'ailleurs, leur drame, aux écologistes. Ils donnent l'impression de ne pas vraiment savoir où ils se situent, politiquement.Ils avaient d'abord signé un accord de gouvernement avec les socialistes, décrochant deux ministères et deux groupes à l'Assemblée et au Sénat. Et puis ils ont claqué la porte, estimant que François Hollande était trop timoré. Seulement, tout le monde n'était pas d'accord pour quitter, comme ça, l'exécutif.Résultat, les divisions se sont accrues. Ce qui s'est récemment traduit par les départs de Jean Vincent Placé, François de Rugy, Barbara Pompili, entre autres...Et puis, il y a les stratégies d'alliance. Passées aux élections départementales en début d'année. Puis aux régionales. Des stratégies illisibles... Dans certains endroits, on y va tout seul. Ddans d'autres, c'est avec le Front de Gauche. Et dans d'autres encore, c'est avec les socialistes. En Ile de France, Emmanuelle Cosse a même fait alliance avec CAP21, le parti de l'ancienne ministre d'Alain Juppé, Corinne Lepage... Alors où sont-ils ? A gauche ? A droite ? Au centre ? Allez-y comprendre quelque chose... En plus de ça, les Verts ont enregistré une hémorragie de militants. Ils ne sont plus que quelques milliers...Ils ont de gros problème d'argent. Depuis les 2% d'Eva Jolly à la présidentielle, les frais de campagne n'ont pas été remboursés. C'est à tel point qu'ils sont en train de vendre leur siège, dans le 10eme arrondissement de Paris, "la Chocolaterie"...L'avenir politique s'annonce bien sombre...Mais peut-on l'expliquer uniquement par les divisions internes qui les rongent ? et même faut-il les en blâmer ?...Car si l'on regarde bien, aujourd'hui, en France, tous les partis politiques se sont verdis au fil des années. Tous les partis politiques se préoccupent d'environnement, réfléchissent à la question, font des propositions, élaborent un programme environnemental...Et finalement, elle est peut être là, la grande victoire des verts. D'avoir réussi à diffuser une partie de leurs idées et à essaimer au sein de l'ensemble de la sphère politique...Le problème, évidemment, c'est que le prix à payer est lourd. Car le prix à payer est, peut être, leur disparition de l'échiquier politique...

L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......