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Migrants : la droite à l'envers

3 min

Quel contraste avec la volonté de "Les Républicains" d'afficher leur unité, le week-end dernier, à la Baule. François Fillon, Alain Juppé, Nicolas Sarkozy, côte à côte. "Vous voyez bien qu'il n'y a pas de problème à droite, pas de divisions, pas de divergences, regardez!"...

Congrès des républicains
Congrès des républicains Crédits : Le Monde

Seulement, en quelques jours, la question des migrants a dynamité cette belle image de rassemblement. Un peu comme une centrifugeuse ou un accélérateur de particules.Et le résultat, c'est que ça révèle une réalité bien différente de celle qu'on voudrait montrer...D'ailleurs cette question des migrants joue le rôle de révélateur pour l'ensemble de l'échiquier politique...Au Front National, Marine Le Pen a retrouvé les accents d'une extrème droite qu'on avait, un temps, pu croire appartenir au passé. "Les étrangers dehors. S'ils fuient les bombes dans leur pays, ça ne nous regarde pas. Les français d'abord!"... "un discours 100% Jean Mariste" a déclaré son père apparemment ravi de voir ressurgir, aussi flamboyante que par le passé, la droite contre-révolutionnaire...A gauche, au PS, le débat a été vif en interne. "Il a duré longtemps" explique un cadre socialiste. "On voyait bien arriver à grands pas cette question des réfugiés. Mais François Hollande et le gouvernement étaient pétrifiés à l'idée qu'il allait falloir les accueillir. Pétrifiés à cause de l'opinion et de l'importance de l'extrème droite dans les sondages". Mais au bout du compte, l'un des secrétaires nationaux du PS, Alain Bergounioux a semble-t-il permis de mettre tout le monde d'accord. "François, aurait-il dit, apparemment, au président. On est la gauche! On ne peut pas ne pas les accueillir!"...Du coup, François Hollande a tranché. On va "en accueillir 24 000" a-t-il précisé en début de semaine. Et depuis, les socialistes revendiquent fièrement leurs valeurs humanistes. Ils ont même organisé une grande fête, au cirque d'hiver, avant hier soir, pour les célébrer...Chez Les Républicains, rien de tout ça. Ca part dans tous les sens. Pas un n'est d'accord avec l'autre...Vous avez les modérés, Alain Juppé, François Fillon, Arnaud Robinet (maire de Reims) ou encore Gael Perdriau (maire de St Etienne). "Bien sûr, disent-ils, qu'il faut les accueillir ces réfugiés." La France a une tradition d'accueil. Elle a une histoire, elle est un phare, elle ne peut pas se recroqueviller sur elle même...D'autres sont plus circonspects. Comme Jean François Copé, à Meaux, ou Edouard Philippe au Havre. Ils ne ferment pas la porte mais attendent de voir quelles seront les moyens mis à disposition par l'Etat... Vous avez aussi la droite catholique craintive. Elle est incarnée notamment par le maire de Roanne, Yves Nicolin. Lui ne veut accueillir que des chrétiens parce qu'il a peur des terroristes...Et puis il y a tous les autres. Ceux qui ne veulent rien entendre. François Baroin (maire de Troyes), Xavier Bertrand, (maire de St Quentin), Daniel Fasquelle (maire du Touquet)... Eux refusent catégoriquement. "On n'a pas les moyens, explique par exemple Daniel Fasquelle, ni de les accueillir, ni de leur fournir des emplois..."Face à ce désordre, Nicolas Sarkozy essaie de réagir, ce matin. Il s'offre une longue tribune dans le journal Le Figaro où il tente de mettre les choses au point. Il y a le droit d'asile, ça c'est sacré, dit-il, faut pas toucher. Mais pour ces migrants là, ça ne correspond pas. Il faut créer un statut spécial de "réfugié de guerre". Parce que quand il n'y aura plus la guerre dans leur pays, ils seront amenés à y retourner. Et puis il y a les migrants économiques. Et on ne peut pas les accueillir. La France n'a "plus les moyens"...Le moins qu'on puisse dire est que ce discours alambiqué ne convainc pas! La droite dans cette affaire semble écartelée entre sa tradition gaulliste, patriote et humaniste, et puis la course à l'échalotte derrière l'extrème droite. Et Nicolas Sarkozy, lui, s'essaie à la synthèse ! Le monde à l'envers...

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