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Nicolas Sarkozy fait sa rentrée politique

2 min

.Oui ! Mais chuuuuuut !

Faut pas le dire trop fort...

Nicolas Sarkozy, président de l'UMP
Nicolas Sarkozy, président de l'UMP Crédits : Christian Hartmann - Reuters

Parce que contrairement à ce qu'on pouvait attendre, contrairement à François Fillon et surtout contrairement à Alain Juppé qui vient de publier le 1er de ses 4 livres programmatiques et qu'on voit partout dans les médias, Nicolas Sarkozy fait une rentrée en toute discrétion, presque sur la pointe des pieds...

En postant un message sur son compte facebook.

Message dans lequel il met en garde ses futurs adversaires pour la primaire à droite. "Les Français ne comprendraient pas que nous leur donnions le sentiment d’être obsédés trop tôt par cette échéance" leur dit-il posément.

"Allons, Allons, pas de précipitation les enfants..."

Nicolas Sarkozy dans le rôle du modérateur, de celui qui calme le jeu, ça peut paraitre surprenant mais il ne faut pas s'y fier...

En réalité, il boue, mais à l'intérieur.

Il tempête, il éructe, il trépigne. Il est comme avant, comme il a toujours été. Et lui aussi y pense, sans cesse, à cette primaire. Tous les matins. Avant même de se raser. Seulement, il ne peut pas le montrer...

Pourquoi ? Parce qu'il est enfermé dans son costume de président de son nouveau parti, Les Républicains.

Et que la seule chose dont on peut le créditer depuis son retour en politique, la seule chose qu'il a à peu près réussie, c'est d'avoir apaiser les tensions au sein de la famille. D'avoir fait taire les rivalités et d'avoir remis un semblant d'ordre dans la maison.

C'est à la fois un atout et un handicap...

Un atout parce que ça s'est concrétisé par une belle victoire de la droite aux élections départementales. Victoire dont il n'a pas manqué de s'attribuer une bonne part du mérite. Et il peut espérer la même chose aux élections régionales en décembre.

Faire gagner son camp, c'est là toute sa gloire. Et c'est la dessus qu'il peut espérer capitaliser pour l'avenir...

Mais c'est aussi son écueil, son carcan, sa limite.

Car il ne peut pas sortir de son rôle. Il ne peut pas faire un pas de côté. Il risquerait d'apparaitre comme celui qui divise et relancerait la zizanie.

Et du coup, il ne peut pas faire campagne pour son propre compte comme le font François Fillon, Bruno Le Maire ou Alain Juppé...

Et du coup, il fulmine dans son coin, en privé. C'est pour ça que vous pouvez lire, dans le Canard Enchainé paru hier, qu'il donne des surnoms pas très aimables à ses rivaux.

Alain Juppé, c'est "papy Juppé". Bruno Le Maire, c'est "bébé Bruno". et François Fillon, c'est "l'autre eunuque" nous dit le Canard. Ca ne mange pas de pain et ça fait du bien...

Mais tout ça ne va pas durer. Tout ça va s'arrêter au lendemain des élections régionales. Une fois l'échéance passée, Nicolas Sarkozy pourra se lancer dans la course.

C'est pour ça qu'il nous annonce, dans ce message sur facebook, qu'il s'adressera "aux français dans les mois qui viennent... dans une démarche de vérité, dit-il, sur le passé comme sur l'avenir". Ca signifie qu'il va sans doute se livrer à une sorte d'inventaire sur ses 5 années passées à l'Elysée. Inventaire qu'il n'a jamais réalisé, ce qui lui est souvent reproché.

Et ensuite, on peut s'attendre à un complet changement d'attitude et de posture vis à vis de ses adversaires.

D'ailleurs, il les a prévenus, début juillet, lors de la fête de la Violette, en Sologne. A la fin de son discours, il a dit : «Quand je n’entends pas, c’est que je fais semblant d’être sourd. Quand je ne vois pas, c’est que je fais semblant d’être aveugle. Mais ça n’aura qu’un temps...»

Ca veut dire : A partir du mois de janvier, mesdames et messieurs, fini de rigoler, ça va saigner...

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