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Quelle réponse politique à la crise des migrants ?

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Qu'est-ce qu'on fait ?

Un groupe de 300 migrants subsahariens, sur un bateau italien lors d'une opération de sauvetage près de Lampedusa
Un groupe de 300 migrants subsahariens, sur un bateau italien lors d'une opération de sauvetage près de Lampedusa Crédits : Alessandro Bianchi - Reuters

A cette question, François Hollande a répondu, au nom de la France, hier après midi. On ne peut pas rester indifférent. On ne peut pas faire comme si de rien n'était. La France doit prendre sa part face au désespoir de ces centaines de milliers de personnes qui fuient les guerres et les persécutions. Il a donc embrayé le pas de la chancelière allemande, Angela Merkel. Le pas également du président de la commission européenne, Jean Claude Juncker. Pour réclamer la mise en place d'un mécanisme obligatoire, au niveau européen, afin d'accueillir ces réfugiés.Alors il ne parle pas de quotas pour les répartir entre les différents pays. Le mot est un peu trop connoté. Mais ça veut dire la même chose. Ce ne sera évidemment pas facile de convaincre l'ensemble des 28 pays de l'Union. Mais les choses sont en train d'évoluer. Même en Angleterre où David Cameron commence à infléchir sa position. Ou encore au Portugal qui se dit prêt, désormais, à accueillir beaucoup plus que ce à quoi il s'était engagé...Alors, à cette question, en France, hormis François Hollande et derrière lui la gauche, à droite, on n'a pour l'instant que très peu de prise de position et pas vraiment de réponse au problème...Tous ou presque ont réagi à la publication de la photo de cet enfant mort, Aylan, échoué sur une place en Turquie. Que ce soit François Fillon, Bruno Le Maire, Alain Juppé. Pour dire que le cliché est insoutenable... Mais quant à la réponse politique à apporter. Qu'est-ce qu'on fait? Là c'est plus compliqué.Pour le FN, Marine Le Pen ne répond pas vraiment et fait un pas de côté. Ce mort, ces morts, sur les plages, c'est la faute aux dirigeants occidentaux, qui par leurs interventions militaires, en Libye ou en Irak, ont déclenché ce qui est en train de se passer. Oui, mais qu'est-ce qu'on fait face à l'urgence ? Là elle ne répond pas. Apparemment ça n'est pas son problème...Pour les Républicains, les deux seules prises de position notables pour le moment sont celles de Frédéric Péchenard et Nadine Morano. Qui réclament une intervention militaire au sol dans les pays concernés. Mais là encore, c'est un pas de côté, ça ne répond pas à la question posée...Et pour cause, vous me direz. Ces derniers jours, tous, à droite, ont fait de la surenchère sur cette question des migrants. Tous ont dit qu'on ne pouvait pas accueillir toute la misère du monde, qu'il n'y avait pas assez de contrôles aux frontières. Bref, que ces migrants étaient une menace et qu'il fallait l'endiguer. A droite toute, la sécurité avant tout. Alors évidemment, face à l'émotion planétaire déclenchée par cette photo du petit Aylan, échoué, le nez dans le sable, sur une plage turque, il est difficile de poursuivre dans cette veine très sécuritaire...Mais il n'y a pas que l'émotion pour expliquer ce silence embarrassé. Comme il n'y a pas que l'émotion qui appelle forcément une réponse politique à la question posée. Qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait face à l'ampleur du problème révélé ? Pourquoi cette question se pose-t-elle à l'ensemble des responsables politiques ? et pourquoi ne peut-elle pas rester sans réponse ?Eh bien parce qu'au delà de l'émotion, cette photo et le drame qu'elle révèle nous rappellent que les principes sur la base desquels sont organisées nos sociétés, ce sont des valeurs. Valeurs qui sont la prise en compte, le respect de l'autre et la dignité. Et toute la question pour nos politiques est de savoir s'ils continuent à en faire des valeurs fondamentales de nos sociétés occidentales...

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