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2001-2011, d'un effondrement à l'autre

2 min

Dix ans après la destruction des tours de New-York on assiste à un autre effondrement. Une certaine économie n’en finit pas de s’affaisser, à deux pas de Ground zéro, à Wall Street, et dans les places financières du monde entier.

Quel rapport entre les avions fonçant sur les tours, et les cours de la bourse qui décrochent : aucun, et cette absence de cause à effet, entre ces deux moments majeurs, distants de seulement dix ans, est sans doute le fait marquant de cet anniversaire. Le 11 septembre 2011, c’est quasiment le contraire de celui de 2001.

Il y a dix ans, l’Amérique, donc le monde occidental, a été attaqué par un agresseur extérieur. Une idée s’est alors répandue. Celle d’une guerre du mal contre le bien, une espèce de der des ders, le mal étant délimité à une zone géographique précise, et aux dérives d’une religion. La guerre, en ce temps là pouvait être préventive, puisque l’ennemi était localisé. Il suffirait d’un sale type abattu pour sauver la prospérité.

Que reste-t-il de cette ancienne utopie ?

Pas grand chose. L’Irak a été envahie, Saddam, qui n’était pas complice des attentats de New-York, a été pendu, aucune arme de destruction massive n’a été retrouvée, Kaboul est tombée, Ben Laden est mort, tout devait être terminé, mais tout bouillonne encore dans le même secteur de la planète.

Le monde selon dabeulyou Bush n’est pas métamorphosé. Il chauffe toujours là où il brûlait déjà.

La nouveauté c’est qu’il est dépassé. Ni le bien ni le mal ne sont géographiques. Les révolutions arabes ont démenti l’idée d’un bloc musulman que seuls des dictateurs pouvait empêcher de basculer dans l’islamisme. Après avoir honoré les despotes, la France se flatte d’ailleurs de les combattre, et le dernier acte terroriste en date est bel et bien l’œuvre d’un fondamentaliste, mais il est blanc, chrétien, et norvégien.

La grande peur ne vient plus, ou plus seulement, d’un agresseur barbu. L’ennemi n’a plus de visage. On lui donne des tas de noms, finance, spéculation, subprimes, dettes, déficit, état-providence, faillite des états, gabegie, fonctionnaires, milliardaires, magouilleurs grecs, indignados, agences de notation, une mêlée de cinq cent millions d’acteur pour une guerre intérieure.

Bien sûr, l’effondrement des bourses est moins télégénique que celui des deux tours. Il n’est pas sûr que dans dix ans, pourtant, les conséquences en soient moins radicales

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