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2013, l'UMP entre deux feux

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Les mêmes causes provoquant les mêmes effets, l’UMP, qui achève une année catastrophe en 2012, s’apprête à vivre une année agitée en 2013. L’accord Copé-Fillon repousse au mois de septembre le règlement des contentieux, et c’est long neuf mois de fermentation pour des problèmes en suspens.

La crise du 18 novembre a déverrouillé le système, en créant un appel d’air. Jean-François Copé sera obligé de se démettre s’il veut se représenter, le système de sélection sera moins contraignant que les huit mille signatures, les moyens seront répartis entre tous les candidats, autant dire qu’il sera plus facile de concourir, donc que la campagne commencera dès le début janvier pour les personnalités considérées jusqu’à présent comme étant de second rang : Xavier Bertrand, François Baroin, Nathalie Kociusko Morizet, Bruno Le Maire, voire Benoist Apparu.

Mais une fois tirées les leçons de la confiscation du vote par l’équipe en place sur le plan de l’organisation, il se peut que cette concurrence accrue ne soit pas le problème le plus aigu.

Car un autre conflit est resté sans réponse, et il touche quasiment à un non-dit, à un tabou. Un problème d’ordre idéologique. Où veut aller l’UMP ? Vers la droite radicale, c’est à dire vers le Front National, ou vers des positions plus humanistes, qui vont des libéraux aux courants de centre-droit. Autrement dit l’UMP veut-elle suivre la trace de Sarkozy version 2012, inspirée par Patrick Buisson, ou cultiver l’idée d’ouverture de Sarkozy modèle 2007 ?

Poser la question c’est engager l’inventaire du précédant quinquennat, or le principe de cet inventaire est couvert avec la même affectation que les seins de Dorine par le mouchoir de Tartuffe.

Et comme toujours dans ce climat entre chien et loup c’est le loup qu’on entend, c’est le plus dur, le plus catégorique, le plus tranchant à l’UMP, donc c’est la Droite forte de Guillaume Peltier et Geoffroy Didier, soutiens inconditionnels de Jean-François Copé.

Sur tous les plateaux de radio et de télé Peltier rappelle que sa motion, partie de rien, a dominé toutes les autres, avec 28% des voix.

28%, c’est certain, mais dans quel vote ? Dans celui du 18 novembre, naturellement, c’est à dire dans une élection tellement contestée qu’elle sera recommencée. Une élection à laquelle mille militants de l’étranger, plutôt favorables à Fillon, n’ont pas pu participer, où des centaines et des centaines d’autres militants n’ont pu accéder aux urnes, ou les troupes de Copé disposaient de 20 000 procurations de plus que celles de François Fillon, soit quinze pour cent des électeurs.

Des voix s’élèvent déjà à l’UMP, pour demander qu’on revote aussi pour les motions. En 2013, Cette bataille ne sera pas la moins furieuse.

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