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39 heures : le "pourquoi pas" du pacifiste Ayrault

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Jean Marc Ayrault essaie de remonter la pente. Discours plutôt musclé à Toulouse, interviews multiples dans les radios, les télés, la presse écrite. Et ce matin la rencontre avec les lecteurs du Parisien. Il y est égal à lui-même. Compétitivité, 35 heures, M. Ayrault veut déminer et apaiser. La caractéristique de ce chef de guerre, c’est que c’est un pacifiste.

Jean-Marc Ayrault, l’ancien prof, parie sur la pédagogie. Il explique inlassablement son point de vue, en l’adaptant aux critiques qu’on lui adresse : Dans sa classe présumée il n’y a que des élèves studieux, susceptibles de l’entendre, et de venir à lui.

Cette semaine le gouvernement n’est pas épargné. L’élève « grands patrons du Cac 40 » a rédigé un appel qui ressemble à un ultimatum, et qui indique au prof ce qu’il doit faire pour sauver l’économie. Trouver soixante milliards sur les dépenses de l’état, et trente milliards sous forme de TVA ou de CSG, trente milliards que ne paieraient plus les entreprises.

Il y a comme une atmosphère de guerre entre un certain patronat et le gouvernement. Réponse de Jean-Marc Ayrault depuis son collimateur : « Arrêtons de dénigrer les chefs d’entreprise ! Le mot entreprendre, c’est un joli mot ».

Au niveau politique le climat est également chauffé à blanc. Jean François Copé en appelle à des manifestations à propos du mariage homosexuel et de l’adoption, et François Fillon réclame, au nom de la fin des trente cinq heures, qu’on supprime toute référence au temps de travail, pour engager des négociations branche par branche, ou entreprise par entreprise, en ne conservant que la limite européenne des 48 heures.

Que répond Jean-Marc Ayrault ? « Les 35 heures ont déjà été beaucoup assouplies. Elles n’ont pas causé de problèmes aux grandes entreprises parce qu’elles ont su se réorganiser. Elles ont causé plus de problèmes aux petites entreprises, il ne faut pas le nier ».

Un lecteur du Parisien insiste : « Si demain on revenait aux 39 heures, des gens seraient peut-être ravis ! »

Et Jean-Marc Ayrault répond, en cherchant le consensus : « Développez ce point de vue. Vous verrez qu’il fera débat. Mais pourquoi pas. Il n’y a pas de sujet tabou. Je ne suis pas dogmatique ».

Voilà une phrase qui va faire réagir.

Pas forcément sur les trente cinq, trente six, trente sept, ou trente neuf heures, mais sur une certaine méthode, ou une certaine attitude.

La gauche revenue au pouvoir il y a six mois, après dix ans d’abstinence, subit, comme c’est normal, un bombardement intensif des forces qui la combattent, dans un contexte de guerre économique, mais Jean Marc Ayrault parait ne pas l’avoir remarqué. Il reçoit une claque par jour, il est couvert de bleu, mais il explique, il fait de concessions. Si on l’écoute personne ne lui veut de mal. Il n’a aucun ennemi.

Ou bien c’est de l’héroïsme, ou bien c’est de l’angélisme.

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