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Adieu normal bonjour chômage

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Comme le note ce matin l’ensemble de la presse nationale et régionale, ce mois de septembre a une tête d’enterrement. C’est la fin du Président normal, comme l’écrit Libération.

Partout le visage de François Hollande, préoccupé, comme à Chalon en Champagne vendredi, où il a parlé de « crise d’une gravité exceptionnelle », ou le portrait de Jean-Marc Ayrault évoquant hier « la situation particulièrement grave ». Hollande, Ayrault, Sapin, Cahuzac, une densité médiatique à la Sarkozy, pour effacer l’image d’un pouvoir en goguette, accusé de renvoyer en commission l’étude des incendies de forêt pendant que la maison brûle.

Et comme pour mieux prouver qu’il n’y a aucun retard à l’allumage, le gouvernement a même décidé d’aller plus vite que la musique. Non seulement il ne flâne pas, mais il devance les catastrophes, comme pour les déminer. Il ne réagit plus à l’événement, il le précède. C’est une première, les statistiques du chômage ont été commentées deux bonnes semaines avant d’être publiée. Trois millions de sans emploi ! Quand la statistique officielle tombera, Michel Sapin pourra lancer : « je vous l’avais bien dit »…

Une page se tourne, et la prochaine est incertaine. Jusqu’au mois d’aout, bon an mal an, François Hollande bénéficiait d’un état d’indulgence, parce qu’il avait tenu, à l’instant même de son élection, la seule promesse majeure de sa campagne : « le changement c’est maintenant ». Oui, le changement c’était tout de suite. Le changement de Président. Sarkozy était parti, et un autre homme était à l’Elysée.

C’est que voulaient les Français depuis longtemps, tous les sondages concordaient. Un autre président. Ils avaient penché pour Dominique, envisagé Martine, finalement opté pour François, mais peu importe, ils en voulaient un autre.

Donc, pendant quelques semaines, le fait que dans le comportement Hollande soit à Sarkozy ce que l’antimatière est à la matière a prouvé qu’il tenait parole. Le changement c’était lui par le simple fait qu’il était là, son portrait dans les mairies, ses bains de foule bon enfant, ses ballades, sa rondeur.

Puis le climat a changé, pendant l’été, et pas seulement à cause de la crise, qui n’est pas nouvelle, ou du chômage, qui n’est pas un scoop, ou des plans sociaux, qui étaient annoncés. Il s’est passé que les Français, très logiquement, n’ont plus demandé à Hollande d’être le contre Sarkozy, mais d’abord le Président. Et chacun ayant sa petite idée là-dessus, des divergences sont apparues sur le sens de cette attente, dans la gauche, dans la majorité, puis dans le gouvernement, et désormais les syndicats sont eux-mêmes divisés sur les priorités. Chacun son interprétation. Valls, Montebourg, Taubira, les Verts, jusqu’à la cacophonie…

L’urgence de l’automne est donc la crise, bien entendu, mais aussi qu’un chef d’orchestre arrive, et qu’il lève sa baguette…

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