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Affaire Borloo-Veolia : cherchez le menteur

2 min

Qu’elle soit réelle ou fictive, l’affaire Veolia pèsera sur le cours de la présidentielle. Réelle, elle serait dévastatrice pour le pouvoir sortant. Inventée, ou exploitée à la légère par l’opposition, elle serait désastreuse pour celui, et pour ceux qui aspirent à le remplacer.

Cette histoire de conseil d’administration qui tourne à « l’arrangement entre amis » comme l’écrit François Vidal dans les Echos de ce matin, serait catastrophique pour le président en place car ce qu’elle raconte est un concentré de toutes les dérives qui handicapent, à tort ou à raison, le bilan du quinquennat, du bling-bling au cousinage avec l’argent, du clanisme à la confiscation de l’état…

Elle le serait aussi, et c’est sans doute l’aspect le plus invraisemblable, parce que la nomination de M. Borloo à la tête de l’une des entreprises les plus puissantes de France, pour des raisons politiciennes, serait une faute tellement évidente qu’on ne peut pas croire qu’elle ait été commise. Le simple fait d’y avoir songé, participé, de ne pas l’avoir empêché, indiquerait que le candidat sortant est coupé du réel alors que son effort est au contraire de montrer qu’il s’y trouve, et s’y trouve bien.

La carrière de Jean-Louis Borloo
La carrière de Jean-Louis Borloo

M. Sarkozy a donc démenti en deux mots : « c’est absurde ». Jean Louis Borloo a parlé de « manipulations, supputations, volonté de nuire ». Bernard Tapie a cru bon de voler au secours de son ancien avocat en s’écriant : « c’est absolument ridicule ». Enfin, Henri Proglio a eu ces mots : « Veolia mérite mieux que ces rumeurs politiques ».

Mais il y a les commentaires d’en face. Libération et les échos qui confirment, et le PDG actuel qui se dit victime d’un putsch. Antoine Frérot accrédite l’idée d’une « opération hostile », en évoquant « une entreprise de déstabilisation ».

Et il y a surtout la réaction de Jérôme Cahuzac, chargé des finances et de la fiscalité dans l’équipe de François Hollande. Alors que le candidat PS se montrait sévère le matin, mais en utilisant un « Si » conditionnel, M. Cahuzac y est allé sans retenue hier soir. Sur BFM télé, il a lâché des accusations à la forme affirmative : « La vérité, a-t-il dit, est que Nicolas Sarkozy a téléphoné lui-même à certains actionnaires de référence, des quataris, pour imposer son ami Jean-Louis Borloo ».

A ce niveau, ou bien Cahuzac dit la vérité, et c’est grave pour le Président sortant, ou bien ses propos sont faux, et c’est grave pour François Hollande.

Si c’est vrai, on voit mal comment Nicolas Sarkozy pourrait développer sa campagne sur le thème de l’homme du peuple. Si c’est faux on entrevoit déjà le retour de flamme fulgurant que l’UMP infligera au candidat normal.

Pour l’instant, la cellule riposte de l’UMP n’a pas lâché ses coups…

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