LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Affaire Cahuzac : la réaction de François Hollande

2 min

"Un outrage à la République" ce sont les mots très forts employés par François Hollande lors de son allocution télévisée mercredi midi et donc le décorum n'était pas très soigné, comme dans un couloir entre deux portes avec le câble de micro qui court derrière le président en costume et cravate noire. Pas question de répondre à une conférence de presse, François Hollande choisit la solennité de l'Elysée et de sa fonction, le ton est martial, la mine est sombre et pourtant, c'est bien le lustre de sa fonction qu'il lui lui faut retrouver. L'affaire Cahuzac confirme un mouvement esquissé depuis Nicolas Sarkozy et confirmé par François Hollande : le président de la République est devenu un français comme les autres et on peut lui mentir les yeux dans les yeux, comme l'on peut raconter n'importe quoi à un collègue, à son chef de service ou à son DRH. Sur le tempo François Hollande a assumé la dimension extra-ordinaire de sa fonction. Il devait parler et il n'a pas souhaité aux questions de la droite, du Front de gauche et de l'extrême-droite "savait-il ne savait-il pas ?" pas question pour lui de s'abaisser à répondre à des accusations qu'il juge sans fondement. Il n'a pas non plus annulé son voyage au Maroc pour ne pas surdimensionner la crise mais il a parlé avant son départ pour ne pas laisser les français sur le faim. Et les mesures ? La réforme du conseil supérieur de la magistrature a été annoncée la semaine dernière et tombe à côté car dans l'affaire Cahuzac l'indépendance de la Justice n'est pas en cause. Un contrôle plus strict du patrimoine des élus ? Ils sont déjà contrôlés très sérieusement. L'inéligibilité perpétuelle pour tout élu condamné pour corruption et fraude fiscale ? Libération nous apprend que le Conseil Constitutionnel avait censuré une loi similaire il y a 3 ans ! Trois mesures dont une déjà connue, une autre un peu gadget et une troisième inappliccable. Avec solennité, François Hollande n'a pas annoncé grand-chose et surtout il a dégainé trois lois façon Sarkozy - et façon Chirac aussi - à chaque emballement une loi. Le Président de la République a pris la mesure de la crise, mais François Hollande est resté dans l'arène. Parce qu'il n'était pas assez haut, il n'est pas allé assez loin. C'est une réponse politique a-minima, bien loin du remaniement que souhaitent aussi des ministres et des députés de gauche. Ses oppositions vont continuer à s'en donner à cœur-joie et à le harceler.

François outragé, François brisé, François martyrisé mais François pas encore libéré.

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Journaliste
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......