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Allemagne : une fascination française

2 min

Ca y est l’Allemagne a un gouvernement, et la France est fascinée. Elle s’émerveille parce que les Allemands sont censés montrer l’exemple. Un exemple étonnant : on l’escamote quand il s’agit d’institution, et on l’invente quand il s’agit d’économie…

Prenez les institutions. Trois mois sans gouvernement. Essayer d’imaginer le même phénomène en France. Les Déclinistes n’auraient pas de mots assez violents pour qualifier l’irresponsabilité française. Mais ça se passe en Allemagne, donc personne n’en est choqué.

Chez nous, la réflexion ne s’engage pas sur la manière dont se bâtissent les gouvernements allemands. Ils ne sont pas issus de coalitions construites avant les élections, mais d’ententes après coup, une fois les élections passées. On ne rassemble pas des forces hétéroclites en vue de gagner vaille que vaille, quitte à se déchirer après la victoire, on fait les comptes le soir du dépouillement, et on engage les compromis non pas pour faire des voix, mais en fonction du poids des uns et des autres, et des choix qui en découlent.

Et c’est ainsi qu’Angela Merkel qui ne voulait pas entendre parler de l’instauration d’un Smig va devenir la chancelière de l’instauration du Smig. En France un tel retournement serait qualifié de trahison.

Cette grande coalition n’est pas l’effet d’un miracle mais celui de la proportionnelle, qui est l’Arlésienne de la vie politique française. On voit bien, tous les jours, que le scrutin majoritaire conduit la France à un bipartisme artificiel, qui fausse la représentation en écartant des forces puissantes, à la droite de la droite, au centre, ou à la gauche de la gauche.

On cite donc l’exemple allemand, tout en se gardant de l’imiter, et si François Hollande a parlé d’une dose de proportionnelle pendant la campagne, aucune sœur Anne ne la voit encore venir.

Sur le plan économique, en revanche, pas un jour ne se passe sans que des voix officielles n’exigent la mise en place de ces très ces fameuses « réformes structurelles », sensées assurer à notre grand voisin une avance considérable.

Pas un jour sans qu’une déclaration, une analyse, une dépêche bien informée, ne souligne que « l’écart d’activité se creuse entre l’Allemagne et la France ». Hier encore cet « Ecart croissant » était pointé par un indice, l’indice du groupe Markit.

Or cet écart est un fantasme. Non seulement il ne se creuse pas, mais il se réduit. En 2010 l’écart de croissance entre la France et l’Allemagne était de plus de deux points. En 2011 il était de 1,3 points. En 2012 il était de moins d’un point. En 2013 il devrait être de 0,3 points.

Ce n’est pas que la France aille mieux, c’est que l’Allemagne va moins bien, mais surtout ne le dites pas, car en matière d’économie, comme dans la France d’avant guerre, « Tout va très bien, madame la Merkel »…

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