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Arnaud Montebourg dans la grande lessiveuse

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Arnaud Montebourg parle haut, et les électeurs de la Primaire socialiste de l’automne dernier ont aimé cette vigueur en faisant de lui le troisième homme de la compétition. Son problème, arrivé au fameux ministère du redressement productif, c’est d’agir à la hauteur de son verbe.

Deux mois après l’élection du nouveau Président de la république, la fermeture du site d’Aulnay lui en donne une redoutable occasion. Elle le jette dans la grande lessiveuse. La machine à vérité. Il en ressortira conforté, ou essoré. Renforcé s’il donne le sentiment que l’Etat n’a pas regardé passer les trains, mais qu’il est le chef de gare. Lessivé si après tant de proclamations, tant de discours sur la démondialisation, il se passe ce qui arrive à tous les coups, ou presque : silence on ferme…

Montebourg n’a pas le choix, il est donc entré dans la bataille comme un boxeur sur le ring, en levant les poings, bien haut. Il n’a pas distribué de paroles diplomatiques du genre « nous allons voir, avec les dirigeants dont je ne doute pas de la qualité, comment réorienter un plan qui peut être amélioré grâce à la concertation de tous les partenaires, etc. »…

Non, Montebourg n’a pas fait du François Hollande…Il a fait du Montebourg.

A quelques heures de sa rencontre avec le Président du Directoire de PSA, Philippe Varin, il a mis en cause la famille Peugeot, et souligné qu’il n’avait pas « une confiance extraordinaire en la direction »… Ainsi le rendez-vous d’hier soir était-il présenté, dans tous les medias, comme une réunion de combat.

On allait voir ce qu’on allait voir.

Arnaud Montebourg, qui attend les conclusions de l’expert gouvernemental Emmanuel Sartorius, a un atout dans sa montée en régime. Il est clair que la Direction de Peugeot avait pris sa décision depuis longtemps et qu’elle l’a gardée secrète pendant la campagne présidentielle pour ne pas gêner le Président sortant, donc qu’elle a fait de la politique.

Mais le ministre du redressement productif est bien obligé de constater que Peugeot a maintenu l’essentiel de sa production en France et en Europe, contrairement à Renault dont l’Etat est pourtant l’un des grands actionnaires, et qu’elle en paye aujourd’hui les conséquences. Ainsi l’affaire Peugeot souligne-t-elle en même temps les effets négatifs de la mondialisation sur l’industrie de la France, mais aussi les effets lourds de la non-prise en compte de cette mondialisation…

Que s’est-il dit hier soir entre le puncheur Montebourg et le patron Varin. Rien n’a filtré, sauf un communiqué, révélateur, je vous le cite : « Des explications mutuelles ont été échangées. Le dialogue qui associe l’ensemble des parties prenantes est amené à se poursuivre ».

Tiens… Là, pour le coup, on est loin du coup de poing. Au premier round, semble-t-il, Montebourg a fait du François Hollande.

Il a fait comme son patron…

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