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Assistance et paresseux : les raccourcis de l'UMP

2 min

« C’en est fini de la dénonciation de la paresse ou de la malhonnêteté des ménages modestes ». C’est ce que promet le gouvernement en présentant une batterie de mesures contre la pauvreté. Grande ambition. Car au-delà de son aspect technique ce plan vise d’abord à rendre sa noblesse au mot « assistance », et à rayer du vocabulaire le mot assisté, qui est accusatoire.

D’ailleurs le premier ministre n’avait pas fini son discours que le Copéiste Sébastien Huygues, délégué général de l’UMP, publiait un communiqué : « l’assistanat ce n’est pas la solution, c’est le problème, écrivait-il » sur le mode Ronald Reagan, vous savez : « l’état ce n’est pas la solution, l’état c’est le problème ».

L’assisté, dans le langage devenu courant, est un pauvre un peu paresseux, ou profiteur, qui n’aurait pas volé son sort. Il abuserait des allocations, du RSA, de l’assurance chômage, et vivrait mieux qu’un Smicard qui prend la peine de se lever tôt.

Si l’on s’en tient à ce raccourci, la fainéantise se serait répandue depuis les années 2000. Selon l’Observatoire des inégalités, le seuil de pauvreté commence en France quand on gagne la moitié du revenu médian, c’est à dire grosso modo 750 euros par mois, mais selon l’organisme européen Eurostat il se situe à 60% du revenu médian, donc autour de 900 euros. C’est le seuil le plus souvent admis.

Allez savoir pourquoi, de 1970 à 1990 le nombre de pauvres, o pardon de paresseux, n’a cessé de baisser. Puis pendant 10 ans il est resté stable. Ensuite, à partir de 2002, les glandeurs, selon le décompte de Sébastien Huygues, n’ont cessé de prospérer. Le nombre de pauvres a augmenté de 15%, en 10 ans, pour un total de huit millions et demie.

Huit millions et demi de Français vivant avec moins de 900 euros par mois, et soupçonné de se la couler douce aux frais de l’Etat providence qui n’aurait plus un sou mais engagera une hausse de 2% du RSA, un accès à une mutuelle de santé, une garantie emploi-formation pour les jeunes, etc. …

L’UMP craint des abus, et ils existent. Il y a bel et bien des escroqueries à la sécurité sociale, et des abus d’allocations. Mais ce qui existe aussi, et d’abord, c’est que trois quarts des pauvres ne demandent aucune aide.

M. Huygues généralise. De quelque cas réel il fait une règle. Généralisation pour généralisation, il pourra toujours méditer sur d’autres gaspillages. Une grande Business school, l’école de Management de Strasbourg, a épluché les bilans de 132 entreprises françaises cotées en Bourse, en comparant leurs résultats et le salaire de leurs PDG. Quelle est la relation entre ce que touche le patron et la performance du groupe ? Il n’y en a aucune selon l’enquête.

D’ici à ce L’UMP décrète que tous les patrons vivent sur le dos de la bête, il n’y a pas des kilomètres…

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