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Aulnay : impuissance ou puissance de l'état ?

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Mais que peut faire l’état ? Voilà, la question de l’été…

Que peut-il faire quand une entreprise comme PSA décide de ce qu’on appelle un plan social, c’est à dire un plan pas social du tout, une charrette de licenciements…

Mais que peut faire l’état, à part se gratter la tête avec une mine de circonstance ?

Lionel Jospin avait osé une réponse, qui sert de contre exemple à toute une génération politique. Il avait dit « l’état ne peut pas tout », et il l’avait chèrement payé.

Depuis lors dix années ont passé, et l’austère Lionel Jospin finit par faire penser au personnage de la chanson de Guy Béart : « Il a dit la vérité, il doit être exécuté ! ».

Car depuis dix ans que les gouvernements répètent sur tous les tons que l’état peut quelque chose, qu’il faut ceci et cela, et la compétitivité, et le coût du travail, et les efforts, et la tête, alouette, depuis dix ans que ce qui se passe à Aulnay s’est reproduit mille fois, à des échelles moins visibles, depuis dix ans, il crève hélas les yeux que « l’état ne peut pas tout ».

Et pire encore parfois, l’état ne peut strictement rien. Il peut trouver les mots, ça oui, quand il les trouve, mais il ne crée pas d’emplois, il ne paie pas les salaires. C’est même lui qui se fait un devoir, et parfois une gloire, de dégraisser ses effectifs, c’est à dire de mettre en place des plans sociaux dans la fonction publique. Votez pour moi, j’ai supprimé 150 000 emplois !

Alors il reste les postures. L’opposition, qui sort à peine d’une période de dix ans pendant laquelle elle était aux affaires, et de dix sept ans à l’Elysée, et qui découvre un mot magique, « la compétitivité », et qui s’étonne que le nouveau président, élu depuis deux mois, n’ait pas encore dégainé la solution radicale.

Et il y a le président. Ses propos étaient martiaux, samedi : « Ce plan social est inacceptable, et il ne sera pas accepté », a-t-il martelé…

Très bien, mais comment va-t-il s’y prendre.

La vérité c’est que l’état peut consoler, soigner les plaies, anesthésier, poser des attelles, si les emplois sont supprimés, il n’embauchera pas de fonctionnaires à leur place.

La vérité sur le court terme c’est que le vin est tiré, et qu’il faudra le boire, jusqu’au dernier plan social. La majorité aura beau proclamer « On ne veut pas, on ne veut pas », et l’opposition toujours en appeler à l’urgence bien que la fermeture d’Aulnay soit dans les tiroirs depuis un an et qu’elle a ait fermé les yeux, la solution, s’il y en a une, prendra des mois et des années.

Elle passera par la réponse à la seule question qui vaille : « Mais que peut faire l’état » ? Et s’il veut y pouvoir quelque chose, il faudra bien qu’il s’en donne les moyens. Comment ? En exerçant un pouvoir. Comment ? En reprenant la main. Comment ? En adaptant à la guerre économique l’adage de Clémenceau sur la guerre 14-18 : « l’économie est une chose trop grave pour être confiée aux seuls marchés »

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