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Ayrault veut soigner sa comm' mais rate encore la marche

3 min

"La communication c'est de la politique, je vous engage à FAIRE de la politique"...Voici ce que disait François Hollande mercredi dernier en Conseil des Ministres...sentant bien que l'équipe gouvernementale avait manifestement quelques problèmes en matière de communication...Parce que ses ministres aussi préféraient s'étonner du climat...qui d'une certaine façon admet l'un d'entre eux crée de la solidarité et renforce le gouvernement...Le climat, quel climat ?Celui d'une droite qui de l'avis de beaucoup d'observateurs n'a jamais été aussi forte qu'après sa défaite de 1981...Rassérénée à ce point, en si peu de temps... une opinion, un électorat de droite surmobilisée, du quasi jamais vu...Et le Premier ministre dans tout çà... de prendre des coups... sourds, violents...L'homme résiste... à peine 6 mois... puis vacille...Il y a 10 jours, il s'agace des énièmes fuites du rapport Gallois, mais surtout je le cite des "chroniques quotidiennes de démolition"...Et telle une chose très organisée : une "entreprise de démolition" entend-on désormais dans la bouche de beaucoup de socialistes...Certains évoquent un vécu semblable pour Pierre Bérégovoy... 1992...D'autres Pierre Mauroy... qui nous ramène donc encore en 1981...On comprend bien le parallèle avec une droite qui tape fort...Quand à parler de Pierre Bérégovoy, et quand des socialistes évoquent devant vous immédiatement le 1er mai 1993... jour de son suicide... après la défaite de la gauche aux législatives, après je cite à l'époque Michel Charasse : "avoir été accablé par une injustice personnelle insupportable"... on peut s'étonner...Même si le moral n'est pas bon pour Jean-Marc Ayrault...Depuis quelques jours, il aurait changé... Il serait "véritablement atteint, touché, triste" dit-on..."Son épouse, Brigitte, ne le quitterait plus... Il aurait pris un vrai coup au moral" raconte certains de ses proches...Mais Jean-Marc Ayrault qu'on se le dise, rôle injuste peut-être dans nos institutions que celui de Premier ministre, fusible, paratonnerre... "le poste le plus dur" de l'avis de tous ses prédécesseurs... va devoir résister... au moins jusqu'à fin 2013 - début 2014... avant les élections municipales...Ne plus donner l'impression de seulement compter comme l'ont fait Chirac ou Sarkozy sur la baraka, la bonne fortune, la chance... Hollande en parlait beaucoup pendant sa campagne persuadé que tout cela le portait... beaucoup trop peut-être... Ayrault fait de même...Mais sur la réduction dans un an, un an et demi de la courbe du chômage, il va falloir compter sur autre chose que de toucher du bois...A moins de prendre un retour de baton...Il faut donc soigner sa communication... et quel dommage quand on apprend la semaine dernière que sans sombrer dans le story-telling, l'arme préférée de Nicolas Sarkozy, le Premier ministre avait prévu de marquer un tournant dans l'action publique le 6 novembre à l'occasion de la remise du Rapport Gallois dont toutes les échéances dans la mesure où ce gouvernement est le commanditaire étaient maîtrisables... quel dommage que de caler une interview deux mois après la précédente sur TF1 ce soir 20h mais d'imaginer déjà, la nuit américaine, l'élection du Président du pays le plus puissant du monde écrasait tout ou presque sur son passage...Caramba, Ayrault, encore raté !

Ludovic PIEDTENU

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