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Bettencourt : la cour d'appel invalide le procureur Sarkozy

2 min

Nicolas Sarkozy a bien de la chance. Dans l’affaire Bettencourt, la justice ne fonctionne pas comme lui. Si elle imitait son style, ses coups de menton, ses coups de théâtre, ses coups de pression, ou les « A poil l’arbitre » façon Nadine Morano, il serait déjà condamné. Il se trouve qu’il ne l’est pas. Et même qu’il est présumé innocent…

Il faut pourtant se frotter les yeux, ce matin. Le juge gentil, et ses collègues de Bordeaux n’ont pas été enduits de plumes et de goudrons, et c’est une grande surprise. N’étaient-ils pas accusés d’une longue liste de légèretés ou de forfaits, le réquisitoire n’était-il pas impressionnant, allant de la complicité avec les experts à leur achat pur et simple, du complot politique à l’amateurisme judiciaire intégral, puisque ce neneu de Gentil avait même, parait-il, confondu Liliane Bettencourt et Ingrid Betancourt, et qu’il était allé, selon Henri Guaino, jusqu’à faire injure à la République, puisque, vous-vous souvenez sans doute, « Gentil-selon Guaino-avait déshonoré un homme, les institutions, et la Justice ».

Et puis rien, ou plutôt la routine des affaires judicaires, la même qui prévaut pour des millions de dossiers anonymes, tous les jours. La Cour d’Appel de Bordeaux a simplement entériné la procédure pour abus de faiblesse et rejeté les demandes de nullités mises en avant par les défenseurs de l’ancien Président, qui reste donc mis en examen.

Rien de sensationnel, sauf le ramdam fantastique. Le contraste entre la banalité des faits, la justice examine, des juges instruisent, cela conduira peut-être à un procès, ou si ça se trouve à un non-lieu, malgré les roulements de tambour, les indignations, les accusations publiques.

Comme s’il avait été établi, pendant toute cette séquence, qu’il y avait la justice pour la vie quotidienne, celle qu’on veut implacable, qu’on trouve laxiste, qui n’est pas assez sévère, celle qui remplit les prisons, et puis une autre, pour les VIP, qui déraperait dès qu’elle lancerait des enquêtes, qui attenterait à la présomption d’innocence, qui comploterait dès lors qu’elle voudrait juger.

Ce qui frappe c’est que les juges soient restés les juges, les prévenus les prévenus, et les avocats les avocats, chacun à sa place. Pourtant, à lire la presse de ce printemps, la Bérézina des juges était un fait acquis. La parole des avocats avait force de verdict : Gentil avait magouillé. Les experts avaient fraudé. Les témoins avaient menti.

A lire la presse autorisée, ce n’est pas les avocats de la défense qui faisaient leur job, c’était le rouleau compresseur du réel qui avançait, implacable, vers l’heure du dénouement.

Et puis rien. Rien du tout.

Hier, même les cent cinq députés qui avaient soutenu par écrit Henri Guaino, dans sa charge contre le juge, n’ont pas desserré les dents. Silence dans les steppes parlementaires, comme si le Sarkozy de l’automne était seul face à ses juges, beaucoup plus seul que celui du printemps.

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