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Bouches-du-Rhône : l'union sacrée des petits marquis

2 min

Qui a dit que l’Union nationale était impossible en France ? Elle est à l’œuvre dans la région de Marseille, et elle ne regroupe pas seulement des élus PS et centristes, mais aussi des notables de l’UMP ou du Parti communistes. Tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Cette union sacrée manifestait hier devant le Sénat contre un projet de Métrople, qui pourrait les contraindre à travailler ensemble.

Main dans la main Samia Ghali sénatrice PS, ses collègue socialistes Serge Andreoni et Roland Povinelli, Sophie Joissains et Bruno Gilles, sénateurs UMP, ainsi que la communistes Isabelle Pasquet, accompagné de trente élus écharpe au vent, soutenu par Jean-Guérini, célèbre Président du Conseil général, en tout 109 maires sur les 119 que compte le département de la deuxième ville de France.

Cette division d’un territoire en donjons autonomes, est vieille comme la Monarchie. S’y côtoient dans un rayon de cinquante kilomètres une capitale très pauvre, Marseille, une ville de robe, très bourgeoise, Aix en Provence, des zones d’entreprises jalouses de leur emplois, des zones commerciales repliées sur le tirroir caisse de leurs grandes surfaces, des zones pétrochimiques très riches où l’on paye très peu d’impôts. De grandes disparités, et comme chacun reste administrativement chez soi, mais que les habitants passent sans cesse de l’une à l’autre pour aller au travail, quand on en a, l’intercommunalité du tuyau d’échappement, établie depuis des décennies, provoque chaque jour les embouteillages les plus compacts et les plus polluants de France.

Qu’à cela ne tienne, depuis des lustres la réalité collective les Bouches-du-Rhône est effective dans la vie, mais se refuse en politique, ce qui fait de ce territoire l’exemple extrême des problèmes posés par le célèbre mille-feuilles français.

Ici comme ailleurs tous les gouvernements ont buté sur la résistance des élus rassemblés en coordinations. Ici comme ailleurs, ne pouvant toucher à une strate sans lever de boucliers, l’Etat a rajout é des couches à la couche précédente. L’intercommunalité devait coordonner la multitude des villes et des villages, elle est devenue une strate supplémentaire avec son administration.

Et comme la strate n’a pas joué les rassembleuses de communes, de département, de région, voici qu’on met en place la Métropole, au forceps à Marseille.

François Hollande se rendra sur place mardi. Il entendra parler du pays, en mode polyphonique et s’arrachera les cheveux qui lui restent. Il se dira peut-être que demander aux élus du mille-feuilles de réduire le biscuit c’est comme demander aux grands patrons d’autoréguler leurs salaires, et que la seule solution serait d’en passer par un référendum.

Il se le dira peut-être mais il le gardera pour lui. Au jeu du référendum c’est la strate de l’Elysée qui passerait peut-être à la trappe…

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