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Brignoles : déni, illusions, et caricatures

3 min

Au premier tour la gauche a fait naufrage, au second la droite a perdu, et au bilan le Front National a gagné un canton et du terrain. Les résultats de l’élection partielle de Brignoles sont sans appel. Ils constituent un rappel à la réalité. Une réalité avec laquelle les grands battus du jour, PS et UMP, continuent de tricher, mais sur laquelle le gagnant du soir se berce aussi d’illusions…

La réalité se devinait dans toutes les élections partielles depuis la législative de l’Oise en mars dernier. où l’UMP Jean-François Mancel, largement en tête au premier tour n’avait gagné, devant une candidate Front National, qu’à une poignée de voix. Ce soir là, l’extrême-droite s’est mise à rassembler au second tour.

L’époque d’un Le Pen à 17% au premier tour d’une présidentielle, en 2002, et à 18 au second était révolu.

C’est ce qui s’est reproduit hier soir. Les pinailleurs ont eu beau expliquer que le score du FN n’avait pas bougé en voix à Brignoles, et en appeler au fumeux bataillon des abstentionnistes comme s’ils étaient des électeurs à part, le candidat Laurent Lopez est passé de 40 à 53% et a gagné l’élection.

Face à ce phénomène les deux grands partis de gouvernement esquivent, et se contentent de demi-vérités. Le PS ne se demande pas si son discours gestionnaire, et sa gestion elle-même, ne sont pas lourdement remises en cause. Le Premier secrétaire Harlem Désir fait porter le chapeau de la défaite au candidat écologiste en soulignant « l’impérieuse nécessité de rassembler la gauche ».

Quant à François Fillon, il refile le mistigri à François Hollande en écrivant que « le rêve français sombre dans la radicalisation ». L’ancien premier ministre fait comme si son propre parti, et lui-même désormais, n’avaient pas validé le discours du Front National en flattant ses électeurs, en les décomplexant, et comme si, ainsi que le souligne le centriste Yves Jégo, ce résultat n’apportait pas «la preuve concrète que la stratégie du toujours plus à droite est une impasse politique »…

La France en est donc là ce matin, le parti de Marine Le Pen est désormais capable d’être un parti de second tour et de remporter des élections au scrutin majoritaire.

Cela dit, si la partielle de Brignoles est un événement notable elle n’est pas un séisme. Le Front National avait déjà, à trois reprises, dépassé les cinquante pour cent là-bas, ou flirté avec eux, et il est à cinquante quatre. C’est un progrès local, pas encore une poussée irrésistible et générale.

Un progrès limité par un rejet toujours vivace. La candidate UMP a limité les dégâts. Elle était à vingt pour cent au premier tour, elle finit à quarante sept. Comment ? Grâce aux électeurs de gauche. Face au Front national qui a gagné quatorze points entre deux tours, le Front Républicain en a rattrapé vingt sept…

Pour les municipales, en dépit du Ni Ni officiel, ni Copé ni Fillon ne pourront le négliger.

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