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Cahuzac : l'affaire est close, sauf si...

2 min

En annonçant son retrait de l’Assemblée nationale, Jérôme Cahuzac a dépolitisé son fameux compte en Suisse, mais n’en a réglé aucun. On pouvait penser, au vu de certaines confidences distillées dans la presse, que l’ancien ministre, lâché et condamné par ses amis socialistes de la veille, balancerait quelques torpilles. La seule mitraille fut une rafale de pardons. Au niveau politique l’affaire Cahuzac est donc terminée, sauf si…

Sauf s’il ment naturellement, puisqu’il avait l’air sincère, autant qu’à l’Assemblée quand il avait juré, les yeux dans les yeux, qu’il n’avait aucun compte en Suisse et qu’il était injustement persécuté.

Les socialistes croiseront les doigts en espérant que ces aveux dans le style « Bas les masques », confidences à Mireille Dumas, ne seront pas contredits par des révélations futures, notamment sur les sommes placées en Suisse ou à Singapour, et sur leur utilisation.

L’UMP, au contraire, met en avant la petite phrase sur François Hollande : « J’ignore quel était son degré de connaissance dans cette affaire ». Nadine Morano, interrogée directement après l’interview, insistait sur ces mots ambigus. Il est clair qu’une relance judiciaire, si elle contredisait les confessions d’hier, serait cataclysmique pour le pouvoir.

Sur la forme, on compare depuis hier cette interview avec celle de Dominique Strauss-Kahn, en soulignant que les conseillers en communication de l’ancien Ministre du budget et ceux de l’ancien président du FMI sont les mêmes, et qu’ils étaient en studio pendant les deux interviews.

Mais au-delà du moment, une chute spectaculaire, un silence de quelques semaines, puis une parole à la télévision, les styles et les propos étaient pourtant bien différents. Strauss-Kahn ménageait sa défense, évoquait des zones d’ombres, parlait seulement d’attitudes inappropriées, alors que Cahuzac a brûlé ses vaisseaux politiques et donné à son message une dimension psychanalytique, voire quasiment religieuse. Encore un peu et il parlait latin : « Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa ».

Quelle est la part de comm, qu’elle est la part de sincérité, le suite elle seule le dira, mais la répétition d’un traumatisme, même causé par des faits complètement différents, laissera des traces dans les esprits.

En deux ans, deux représentants éminents de l’aile social-libérale du PS sont tombés sur des fautes morales, en manquant d’emporter tout leur camp dans leur désastre.

Au moment où tout le gouvernement est confronté à des choix névralgiques, notamment sur le plan économique, il serait étonnant que personne ne le note.

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