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Cannabis : effet coke et effet couac

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Dans l’affaire du Cannabis, ce qui frappe c’est l’effet coke, et l’effet couac. L’effet coke parce que fumer du Cannabis est sans doute une mauvaise chose, mais qu’en parler quand on est politique c’est comme avoir sniffé de la coke. Ca fait perdre les pédales. Quant à l’effet Couac, obtenu cette fois par l’avisé Vincent Peillon, c’est une spécialité socialiste, qui consiste à marquer des buts contre son camp, en croyant marquer son temps…

Commençons par l’effet coke, sa démesure et sa fureur. Tous les pays d’Europe ont ouvert le dossier du cannabis, en y apportant des réponses différentes, et qui changent parfois. Dépénalisation, légalisation, interdiction, contraventions. Mais pas la France. En France, où l’adolescent moyen est pourtant le plus gros fumeur de pétard du continent, en parler c’est franchir la ligne rouge.

Donc on en reste à la loi de 1970, un an d’emprisonnement et 3750 euros d’amende pour celui qui fumerait un joint. Aujourd’hui cette loi « n’a aucun sens », et « elle est ridicule », ce n’est pas moi qui le dit, je ne me permettrais pas, c’est Nicolas Sarkozy, déclaration sur Skyrock en 2007.

Comme Jean Pierre Raffarin, ou François Hollande (qui a aussi changé d’avis), l’ancien Président envisageait de dépénaliser, mais de maintenir des contraventions. Jean Christophe Lagarde, maire centriste de Drancy, associé à l’UMP, pensait, lui, comme le socialiste Daniel Vaillant, ou l’écologiste Stéphane Gatignon, qu’il fallait légaliser, Manuel Valls n’était pas de cet avis.

Aujourd’hui cette affaire nuancée, délicate, est devenu l’occasion d’un échange hystérique, et le dossier est fermé. Interdit d’en parler. Tartufe est en lévitation : Cachez ce joint que je ne saurais voir.

Ce qui nous amène à l’effet Couac. Il est majeur. Il finit par devenir une marque de fabrique pour le gouvernement Ayrault. Comment s’invente un couac, celui de Peillon comme les autres ? En général il nait dans l’esprit d’un ministre sous la forme d’une idée. Une fulgurance. Le cannabis, la procréation assistée, le nucléaire indispensable, la banque d’investissement, le récépissé, la redevance, etc.

A peine exposée publiquement, l’idée devient l’objet d’une polémique si vive que le Premier ministre, ou le Président de la République, sont contraints de la remballer dare-dare, sous les quolibets de l’opposition.

La marque de fabrique du couac c’est qu’elle blesse le gouvernement, et qu’elle tue immédiatement l’idée que le couaqueur voulait mettre en avant.

L’abondance de couac peut avoir deux origines. Les ministres eux-mêmes, ou le Premier Ministre. Les ministres qui seraient trop personnels, qui ne sauraient pas se tenir, ni se retenir. Ou le Premier Ministre qui ne saurait pas trancher, et laisserait les dossiers s’égarer faute de les avoir arbitrés. Ce qui renvoie au Président de la République. Si ça continue, il va devoir cadrer les premiers, voire en virer un ou deux, ou changer son second.

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