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Chômage et insécurité : demain on rase gratis

2 min

Comme souvent dans l’actualité, deux événements s’entrechoquent, sans rapport apparent l’un avec l’autre, mais qui sont en fait les marqueurs d’un même problème, un problème politique... D’un côté l’envol du chômage, pointée par l’Insee, et de l’autre la marche blanche en mémoire des sept victimes de Mohamed Merah, dimanche prochain à Toulouse. En clair, le travail qui se raréfie et la violence qui fait peur. Ces deux souffrances rongent la société française depuis trente ans, et les oppositions s’appuient sur elles dans leurs combats contre les majorités, avec la certitude des gens qui savent, et la surenchère de ceux qui s’indignent, mais elles s’y cassent les dents quand elles deviennent des majorités, et qu’elles accèdent au pouvoir. Ainsi le chômage… Depuis la première crise du pétrole, les français entendent dire qu’il faut faire des efforts, pour en sortir, ou inventer de nouveaux contrats. Or depuis 1975, l’indicateur a été multiplié par trois, et n’est jamais descendu au dessous de 7% depuis 1982, sous Mauroy Premier Ministre. Le record absolu, 10,8 a été atteint en 1994 sous Balladur et en 1997 sous Juppé à Matignon, il est descendu sous Jospin, remonté sous Raffarin, redescendu sous Villepin, remonté sous Fillon, et s’envole avec Ayrault. Cette persistance aurait pu inviter les uns et les autres à baisser un peu le ton. Mais non, au nom de la logique binaire de la cinquième république, la promesse de plein emploi ressort à chaque campagne, avec la valeur travail, et tant pis si dans les faits le travail rapporte de moins en moins, et si, de plus en plus, la feuille de paye devient l’ennemi déclaré de la croissance dans la pensée officielle. Prenez maintenant l’insécurité : le clivage gauche droite est encore plus marqué, avec des discours tellement automatiques qu’on pourrait les réciter avant même de les entendre. La gauche accuse la droite de courte vue, elle ne s’attaquerait pas à la racine du mal, et la droite, conquérante et sûre d’elle-même accuse la gauche de laxisme et d’amateurisme. C’est là qu’interviennent les questions sur l’affaire Merah, et les réponses en même temps. Si le terroriste a commis les massacres qu’on sait, et à une telle échelle, c’est que la direction centrale du renseignement intérieure lui a laissé le champ libre. Elle s’est trompée, en ne suivant pas l’avertissement de sa direction régionale. Erreur humaine aux conséquences tragiques qui devrait inciter le courant politique aux affaires à l’époque, à une certaine modestie. Mais non. Sur le chômage François Hollande promet contre toute vraisemblance une inversion des courbes, c'est-à-dire la guérison en dix huit mois d’un mal vieux de trente ans, et sur l’insécurité Claude Guéant et l’UMP en général continue de jouer les pros en roulant des mécaniques On s’étonnera ensuite, par des raccourcis souvent injuste que les discours politiques rentrent par l’oreille d’une élection et sortent par celle de la suivante…

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