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Claude Guéant contredit par l'Europe

2 min

« Soit c’est grave, soit c’est pire », c’était le thème de la chronique d’hier, à propos de l’affaire Guéant. Ce matin nous sommes en mesure de dire que l’aiguille oscille vers la case « pire ». L’affirmation selon laquelle deux tableaux auraient été vendus à un avocat malaisien pour le prix de 500 000 euros est clairement contredite par les chiffres publiés par deux offices internationaux de statistique.

Le premier de ces organismes est Eurostat, qui recense les opérations commerciales d’Europe vers des pays étrangers, à partir des déclarations des douanes. Sur son site internet, les statistiques françaises de vente de tableaux sont mentionnées année par année, et pays par pays.

Vers la Malaisie, la France a ainsi vendu en 2008, c'est-à-dire l’année citée par Claude Guéant, une somme totale de 10215 euros. On est donc très loin des 500 000 euros avancés par l’ancien secrétaire général de l’Elysée de l’époque.

Cette année là, également, le total des transactions européennes de tableaux vers la Malaisie plafonnait à 78645 euros.

Le chiffre de 10215 euros est d’autre part confirmé par un autre organisme international, l’office statistique des Nations Unis, Comtrade, qui le publie en dollar, au cours de 2008.

Selon nos interlocuteurs, soit la somme de 500 000 euros est imaginaire, soit M. Guéant aurait vendu sans déclaration, en passant par des pays tiers, dans un périple qui ressemblerait à un circuit de blanchiment. Dans ce cas il n’aurait pas déposé de déclaration, ce qui recoupe l’information d’hier, selon laquelle il n’y a pas trace de cette vente au Ministère de la Culture.

Si on ajoute l’enquête diligentée par le ministère de l’Intérieur à propos de l’existence de versements de primes en liquide après 2002, primes par ailleurs démenties par d’anciens membres du cabinet du ministère de l’Intérieur, Chantal Jouano et Rachida Dati entre autres, la solidité de la défense de l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy devient très problématique.

Son avocat, contacté par nos soins hier soir, n’a pas répondu aux messages laissés sur son répondeur.

Claude Guéant a un atout. Il n’a plus aucun mandat, donc personne ne peut exiger sa démission, ce qui l’installe non pas dans le temps de l’actualité, mais dans le temps judiciaire, et lui laisse du répit.

Mais il est trop central au cœur d’un pouvoir UMP et sarkozyste qui aspire à se reconstituer, pour que la suite de l’enquête n’ait pas de retombées politiques.

Premièrement, comme le notent cruellement les internautes, le système de défense de ce partisan de la tolérance zéro prend des résonnances étranges quand il justifie son argent liquide par le fait que ça se faisait, même si c’était illégal.

Deuxièmement la question de l’origine de cet argent se pose plus que jamais, et c’est l’aspect le plus sensible : cette affaire n’est qu’un volet du soupçon de financement occulte de la campagne de 2007, et elle atteint un ancien président qui rêve de revenir…

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