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Collectivités locales : les absences de la Cour des comptes

3 min

Et maintenant les mairies, les départements et les régions. La Cour des comptes pointe les dérives présumées des collectivités locales, c'est-à-dire du maillon politique le plus proche de la population. Au nom des engagements européens de la France, elle exige des économies.

On dirait une couverture du magazine Le Point : « Les collectivités locales françaises doivent davantage participer à l’effort de redressement des comptes publics en particulier en maîtrisant mieux leurs dépenses de personnel » a souligné Didier Migaud, le Premier Président.

La cour dénonce, je cite, « la poursuite d’une hausse tendancielle des charges de fonctionnement, notamment de personnel » et critique les hausses de salaire ou la durée du travail.

Elle note aussi que « la dépense des administrations publiques locales représente plus de 20% des dépenses des administrations publiques »

En bref et en détail, ça coûterait, ça pèserait, ça gaspillerait, et l’opinion recevra ces remarques comme une preuve de gabegie, au moment où la question fiscale est devenue empoisonnée.

Elle entendra, puisque la Cour des comptes le dit que les dépenses locales « sont celles qui ont le plus progressé au sein des administrations publiques : 3,1 % en plus de l’inflation chaque année en moyenne depuis 1983 ».

Phrase extraordinaire, dans laquelle la rigueur comptable omet juste un détail. A partir de 1983 sont entrées en vigueur les lois de décentralisation, promulguée le 2 mars 1982, et cela a, un peu quand même, changé les choses.

A partir de là, les collectivités locales sont devenues, en plus de leurs activités dépensières, des acteurs de l’enrichissement du pays, en assurant, accessoirement, plus de 70 % de l’investissement public, donc en créant des millions d’emplois assurés grâce aux marchés offerts à des milliers d’entreprises.

A partir de là les collectivités locales sont également devenues le lien fragile, et souvent fragilisé entre l’Etat et les français, pour ce qui concerne leur vie quotidienne. Le RSA c’est les départements, comme l’aide aux personnes âgées, les trains, les routes, les écoles, les lycées, les cantines, les équipements sportifs, les aides aux associations, la culture, ce sont les collectivités locales.

Existe-il des gaspillages ? Forcément mais à la marge. Car encore un détail. Les villes, les départements, les régions sont soumises à une sorte de règle d’or. Elles n’ont pas le droit de présenter des budgets en déficit. Ainsi, et ce sont les chiffres de la Cour, l’endettement des administrations locales représente moins de 10% de l’endettement public.

Et leur déficit s’élève à 3% de l’ensemble des déficits publics. 3% cela représente 0,15 points de PIB…

Très peu de choses mais beaucoup trop selon la Cour des comptes, imperturbable, qui promène ses lumières comptables, comme des flambeaux, au dessus d’une opinion qui sent la poudre.

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