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Cons caducs et cons débutants : la controverse

2 min

Au gouvernement, on joue « Ô temps suspends ton vol », tandis qu’à droite on donne « Retour vers le futur ». L’anniversaire de l’élection de François Hollande a comme anesthésié le débat politique. Le jardinier Ayrault fait patienter le public en promettant la récolte, un jour, tandis que Jean-François Copé n’en finit pas de regarder dans son rétroviseur. Après avoir évoqué 13 mai 58 dans le Figaro, il rêvait hier soir, à Nîmes, à un « printemps des cons », en référence au printemps arabe et à mai 68.

Prenons dans l’ordre : pendant tout le week-end le gouvernement a donc cherché à se libérer d’un présent qui le piège. Comment ? En jouant les Maréchal Foch à la bataille de la Marne : panne de croissance, chômage en hausse, sondage calamiteux, « ma droite recule, ma gauche est menacée, mon centre est enfoncé, la situation est excellente, j’attaque » .

C’est ainsi que Jean-Marc Ayrault, presque requinqué, est venu expliquer qu’en dépit des apparences l’essentiel était fait, et que les résultats viendraient, message repris hier par tout le gouvernement réuni en séminaire autour du Président de la République.

Voyant ce qu’on voit, et qui n’est pas brillant, l’exécutif promet qu’on verra ce qu’on verra, en lançant un plan d’investissement pour les dix ans qui viennent, ce qui parle d’économie, bien-sûr, mais d’abord d’avenir à long terme pour un pouvoir qu’on dit piégé à très court terme. C’est une manière classique de dire « j’existe, et j’existerai demain » à une opposition qui ne cesse de dire : « Vous êtes morts et enterrés »…

Cette opposition est certes portée par le rejet de François Hollande et de son équipe, mais elle n’a toujours pas trouvé son cap. Entre Nicolas Sarkozy qui ne cesse de rappeler qu’il pense à son retour (il est encore à la une du Parisien sur ce thème inlassable), et François Fillon qui ne cesse de marquer sa différence, Jean-François Copé se contente de rejouer la campagne de 2012, en collant aux franges les plus dures de la droite.

Hier soir, à Nîmes, il est revenu sur l’affaire du fameux « mur des cons » affiché dans le local du syndicat de la magistrature, pour promettre une explosion populaire, à la manière des printemps arabes. « Un printemps des cons » a-t-il menacé, c'est-à-dire de tous ceux qui se sentiraient insultés par le pouvoir socialiste.

Copé, jamais avare de références explosives, justifie sa participation à la manifestation du 26 mai prochain, contre le mariage homosexuel, par la nécessité de revivre un 13 mai 1958, quand le général de Gaulle avait repris le pouvoir en s’appuyant sur l’armée.

Le Président de l’UMP caresse ainsi son peuple dans le sens de la colère, c’est son pari politique. A propos du Président de la République il évoque même une « République des camarades », comme si Hollande était Lénine, le couteau entre les dents. Encore un effort et les chars soviétiques déferleront sur la place de la Con-corde, comme en mai 81…

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