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Copé-Fillon : l'étrange victoire de Nicolas Sarkozy

2 min

Une folle soirée, deux candidats auto-carbonisés, l’un, Fillon, à cause de son mauvais score, l’autre, Copé, en raison de son attitude, « and the Winner is » : Nicolas Sarkozy. Mais c’est un gagnant amer, il est le capitaine irremplaçable, mais le capitaine d’un bateau qui s’est cassé en deux.

La mémoire étant courte, cet épisode pourrait n’être qu’une joyeuseté. Après tout les socialistes ont traversé le ridicule de Reims et n’en sont pas morts, ils ont même tout gagné ensuite.

Mais ce qui s’est passé hier soir a toutes les chances de peser sur l’avenir de la droite, et des droites en général, car les causes du désastre ne sont pas conjoncturelles, mais structurelles.

Au-delà des bisbilles, et des batailles d’ego, il s’est passé des choses très importantes.

D’abord le résultat. Il n’était pas prévu que Jean-François Copé fasse un tel score. Or Copé c'est le Sarkozy modèle Buisson, celui du discours de Grenoble et de la droite décomplexée, c'est-à-dire complexée par le Front National. Copé a soufflé sur une espèce de Tea Party français, et un tea-party, on vient de le voir aux Etats-Unis, ça parle fort, ça mobilise des minorités agissantes, mais pas des majorités.

Quant à François Fillon, il a subi un revers majeur. Même élu, il serait affaibli. Or Fillon c’est le Sarkozy de 2007, celui qui voulait gagner par la droite, par le centre, et par la gauche, et ça n’a pas marché, car très clairement, à l’UMP, le militant, comme le disaient toutes les enquêtes qualitatives, est plus à droite que le sympathisant.

L’UMP est donc coupé en deux moitiés. C’est Buisson contre Guaino, c’est Bonaparte contre l’idée parlementaire, et seul Nicolas Sarkozy parvenait à tenir les deux ensembles. Il était le cœur de la contradiction, et cette contradiction était même son noyau nucléaire. Il était l’homme qui voulait dépénaliser le cannabis en 2007, proposer le vote des étrangers aux municipales, en finir avec la double peine, engager l’ouverture, se rapprocher de la Grande Bretagne pour s’éloigner l’Allemagne, et il était aussi celui qui condamnait la dépénalisation en 2012, dénonçait le vote des étrangers, pariait sur la fermeture, promettait la déchéance de nationalité, et ne jurait plus que par l’alliance avec l’Allemagne.

Sarkozy était l’eau et le feu, et il y arrivait, mais son parti n’a pas voulu faire l’inventaire, il a refusé de choisir, et il en est là ce matin, l’eau d’un côté (Fillon), le feu de l’autre (Copé) 50/50.

Pire encore, et cela devait arriver, il y a eu un court circuit. Ca s’est passé en direct à la télé. Le réacteur est en surchauffe. Hier soir la maison UMP a pris feu. Copé, digne héritier du coup de menton, avait pour ainsi dire gagné, mais il s’est brûlé en décrétant tout seul sa victoire.

Au bout du compte, le parti bonapartiste en est réduit au comptage d’une commission de contrôle, la Cocoe. Ce matin, juché sur ses ergots, l’UMP n’a plus qu’à pousser un drôle de cri gaulois : « Cocoico ! »

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