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Copé-Fillon : Présidence ou intendance ?

2 min

C’est l’histoire de deux héritiers qui se disputeraient le pactole en proclamant que le défunt est vivant et qu’il va revenir. Plus les jours passent et plus la course à la présidence de l’UMP ressemble à une course de vitesse, non pas pour distancer le rival, mais pour obtenir la bénédiction de l’homme qu’on aspire à remplacer.

Cette primaire pour la Présidence de l’UMP, ce n’est pas Fillon contre Copé, et depuis hier contre Guaino, mais Sarkozy 2 contre Sarkozy 3 ou Sarkozy 4.

A 16 heures François Fillon tenait ainsi une conférence de presse dans son local minuscule pour présenter son dernier renfort, Christian Estrosi, le maire de Nice et secrétaire général de l’association des amis de Nicolas Sarkozy. Une manière de contrer l’offensive engagée par Copé pour se poser en fils de l’ancien président.

A 18 heures Jean-François Copé passait la surmultipliée. A la Brasserie « Le Winston » de Neuilly, qui était le QG du futur Président quand il était maire de la ville, M. Copé a été accueilli avec chaleur par Jean Sarkozy, fils de son père, et il peut donc revendiquer une double filiation : il agit au nom du père et du fils, en espérant que le saint esprit soufflera sur les militants le jour du vote, les 18 et 25 novembre.

Fallait-il réveiller, en sollicitant le Prince Jean, dans les Haut de Seine, le souvenir d’une emprise familiale qui a coûté très cher à l’UMP, et à toute la Sarkozy, la question n’est plus là. Peu importe le contexte, il faut du Sarkozy pour succéder à Sarkozy. Pour cette élection interne, qui s’adresse aux militants, lesquels n’ont pas tourné la page, et rêvent de la réécrire, les candidats ont une obligation : faire assaut de fidélité, voire d’identification.

C’est toute l’ambiguïté de cette élection. Il s’agit officiellement de désigner l’homme ou la femme qui succèdera à Nicolas Sarkozy à la Présidence de l’UMP, une présidence suspendue quand l’homme était à l’Elysée. Mais cette succession est taboue, car l’ancien Président est parti sans partir, et a promis de quitter la politique tout en ne la quittant pas.

C’est donc à une succession partielle que les français assistent. La logique institutionnelle, et l’histoire d’un parti comme l’UMP, un parti de chef, commande que le patron soit un jour candidat à la fonction suprême, président de la République. Or ni Fillon, ni Copé, ni les autres, n’ont le droit d’y penser, même s’ils ne pensent qu’à ça, parce que l’encore vrai patron doit avoir le champ libre.

Du coup cette bataille théorique pour la fonction de numéro un prend les allures de combat pour un rôle d’intendant. Un peu comme si Jean-François Copé, secrétaire général, se battait pour devenir secrétaire général, ou comme si François Fillon, l’ancien Premier Ministre nourrissait une grande ambition : redevenir le collaborateur…

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