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Croisement des courbes dans un sondage

2 min

Ce matin on déroge à la règle ! Tout le monde sait qu’un sondage n’est pas une tendance, mais celui là va tellement faire parler qu’il est incontournable. C’est un Ifop Europe 1, qui amplifie l’Ifop Paris Match de la veille, et qui prend la presse écrite à contrepied, sauf le Figaro : ce sondage dit que Nicolas Sarkozy, 28,5%, est passé devant François Hollande, 27 %, au premier tour. Le premier gagne un point et demi, le second en perd autant.

Le camp socialiste ne manquera pas de relativiser. La montée du sortant se fait d’abord sur un transfert des voix à droite, puisque Marine Le Pen perd un point, et la baisse de Hollande sur un rééquilibrage à gauche, puisque Jean Luc Mélenchon gagne un point et demi.

Le PS dira aussi qu’un sondage n’est qu’un sondage, et que l’effet d’annonce ne fait pas un effet de souffle, mais les choses étant ce qu’elles sont, et le moment ce qu’il est, cette enquête marque un tournant. Signe de fébrilité de l’opinion, dès hier soir, la toile s’enflammait pendant l’intervention du président sortant sur TF1.

L’avenir proche nous dira si c’est une péripétie ou un basculement, mais c’est le fait du jour : dans cette enquête, donc, Nicolas Sarkozy a refait son retard au premier tour, et l’écart au second tour s’est rétréci de deux points, 54,5 en faveur de François Hollande.

La campagne présidentielle est donc entrée dans une phase nouvelle, et redoutée depuis des semaines par le candidat socialiste qui rêvait de ne pas avoir à l’assumer. Cette réalité c’est, au minimum, la fin de l’exception sondagière de 2012, puisqu’en France le président candidat est toujours sorti en tête du premier tour, même quand il a perdu au second comme en 1981. Cette réalité c’est aussi le retour à des courbes moins impensables au second tour.

Cela veut dire que le candidat PS va devoir gérer l’inquiétude, la sienne, celle de ses partisans, et celle de ses électeurs potentiels. Il conserve l’avantage numérique mais il perd l’ascendant psychologique. Il est l’échappé du tour de France dont l’avance se réduit dans l’étape de montagne. Nicolas Sarkozy avait le dos au mur depuis sa déclaration de candidature, et jouait à quitte ou double à chacune de ses sorties, or jeudi soir, sur France 2, c’est Hollande aura la pression.

Le rêve de l’Elysée, c’est naturellement la réédition du coup de Jacques Chirac en 95, quand l’inversion des courbes avait été le temps fort d’une remontée irrésistible.

Le plus probable est que nous entrions dans une zone de normalité. Il est normal que le candidat sortant soit en tête. Il est normal que les écarts du second tour reviennent à des niveaux moins surnaturels que les 60-40 de l’automne ou de l’hiver.

Le problème du favori devenu plus fragile, est donc de passer du rêve à la réalité, sans se fracasser sur elle, et ce sera tout l’enjeu, à la fois politique et psychologique, des prochaines heures et des prochaines journées…

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