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Cumulards : le lobby qui bloque la loi

2 min

Que penseraient les Français si les brasseurs votaient la loi sur le brassage, les enseignants la réforme de l’école, ou si un lobby du bâtiment avait bloqué la loi sur le logement ? Ce sont pourtant les cumulards du Sénat qui veulent défaire la loi sur le non-cumul au nom de l’avenir de leur propre Assemblée.

Ils sont juges et partie et ils sont vent debout, Manuel Valls, qui s’est fait copieusement siffler hier le racontera peut-être un jour, dans ses mémoires…

Ce n’est pas que leurs arguments soient irrecevables par principe, et qu’ils aient tort quand ils soulignent qu’un certain poujadisme les met au pilori, au nom du « Tous pourris ».

Ce n’est pas qu’ils soient financièrement intéressés puisqu’ils sont prêts à voter un texte qui interdirait le cumul de leurs indemnités.

Ce n’est pas qu’ils soient délirants quand ils mettent en avant le lien nécessaire que doit maintenir le Sénat avec les collectivités territoriales.

Le débat sur le cumul ne peut pas, et ne doit pas, en rester aux invectives ni se réduire à un nouveau prêt à penser qui ferait du mandat unique le graal de la démocratie…

Mais tout de même, quel spectacle étonnant.

Voilà des professionnels, car ce sont des professionnels, qui s’efforcent de bloquer la loi parce qu’elle dérange leur profession. Comment procèderont-ils ? C’est simple, ils vont utiliser toutes les ficelles de la Constitution.

En effet, comme l’Assemblée Nationale a le dernier mot en France, et que les cumulards le savent, le Sénat va tenter de contourner le problème en obtenant la reconnaissance d’une exception sénatoriale qui rendrait inconstitutionnelle l’adoption d’une loi qui le concernerait.

Au bout du compte, la Constitution, qui régit le bon fonctionnement de la République, donc de l’intérêt cllectif, pourrait ainsi servir de rempart privé à certains de ses serviteurs. Par son pouvoir potentiel de blocage, le Sénat se mettrait à l’abri de toute réforme qui l’atteindrait.

Il faut pourtant être objectif, et ne pas tomber dans la caricature. Les idées peuvent avancer dans cette chambre élue au suffrage indirect. Par exemple, dans son argumentaire concernant le maintien du cumul, plusieurs ténors sénatoriaux ont souligné que la vocation du Sénat était d’être l’Assemblée des villes, des départements, et des régions, donc que les maires, les présidents de conseil général, ou de conseil régional devaient pouvoir y siéger.

Ils défendaient en somme le Sénat en tant que parlement des régions, or le sénat « Parlement des régions » c’était exactement le référendum de Charles de Gaulle, en 1969, un projet farouchement combattu par le Sénat de l’époque. La Chambre Haute a donc changé d’avis, au bout de quarante cinq ans… Ca prouve bien qu’elle est capable d’évoluer…

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