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De la démocratie en Amérique... et en France

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C'est une démocratie submergée par la publicité et les millions de dollars des super-Pacs (ces groupes de pression soi-disant indépendants) une démocratie où les journalistes doivent payer pour assister à un discours de victoire, où le marketing politique rend les apparitions publiques des candidats aussi spontanées qu’un soap-opera pour retraitée de Floride, mais c'est une démocratie vivante, vivace et en mouvement.

Nos partis de gouvernement devraient donc observer la vie des partis républicain et démocrate car notre vie politique s’américanise avec le quinquennat, les primaires et la bi-polarité. A l'UMP les candidats à la présidence du mouvement dimanche devraient observer de près le score de mitt romney : un peu plus de 48% des votes populaires, une défaite honorable comme celle de Nicolas Sarkozy, mais une défaite, car Mitt Romney - comme Nicolas Sarkozy - n’a pas su séduire les électeurs modérés, les centristes, prisonnier qu'il était d’une base toujours plus radicale chauffée à blanc par les tea party. Dans le parti républicain comme à l’UMP, les militants sont plus fermes que les électeurs - ce sont les élus qui le disent - et le Grand Old Party semble en avoir tiré les conséquences : "Obamacare ne sera pas abrogé" déclare le leader républicain à la Chambre, alors que des parlementaires UMP envisagent de "démarier" les homosexuels. La droitisation a plombé Romney qui a passé toute sa campagne à se recentrer, cela n'a pas suffi et il a fini largement minoritaire chez les noirs et les hispaniques : "Romney n'a pas réussi à incarner toute la diversité d'un peuple américain en pleine évolution, c'est un défi pour les Républicains, c'est aussi un défi pour l'UMP". Un constat lucide et implacable signé... Jean-François Copé l'homme qui dénonce le racisme anti-blanc !

Mais François Hollande et le parti socialiste devraient aussi regarder la carte électorale américaine. Obama s'impose dans les états les plus touchés par la crise économique, dans le Michigan ou l’Ohio grands bénéficiaires du plan de relance, Obama n’a pas gagné sur le mariage homosexuel ou l’avortement, ces "social issues" ou "questions de société" que les démocrates mettent systématiquement en avant pour cliver avec les républicains quand l’économie va mal. Non, Obama a gagné sur l’amélioration de la situation constatée depuis 1 an. En ces temps de crise où les électeurs balaient presque tous les sortant - Brown, Papandréou, Socrates, Zapatero et Sarkozy - le leitmotiv d'un Bill Clinton omniprésent pendant la campagne reste d’actualité : "The economy stupid"

Frédéric Métézeau

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