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Des primaires à la droite de la droite

2 min

En une semaine la campagne présidentielle s’est décantée, en réservant deux surprises, et deux surprises à droite. La première concerne l’entrée en campagne du président sortant, la seconde le discours de Marine Le Pen. Les trois autres « grands » candidats vivent plutôt sur leur lancée, François Hollande en préservant une posture de sérénité, Jean-Luc Mélenchon en enfonçant le clou de son discours à la fois pédagogique et radical, François Bayrou en se démarquant de Nicolas Sarkozy.

La surprise Sarkozy c’est le ton de son entrée en lice. On l’attendait sur le terrain des idées chocs, on le découvre sur la tonalité d’un discours d’assiégé. Un discours de l’antifrance. Le Président ne parle pas de ses choix il dénonce un adversaire accusé de ne pas aimer la France. Il est contre, plutôt que pour. Contre François Hollande, omni présent dans son discours de Marseille, contre les corps intermédiaires, contre les élites, contre « le système ».

Hier, sa seule proposition « pour », portait sur une dose de proportionnelle aux législatives, la même promesse qu’au palais omnisport de Bercy le 29 avril 2007, à la veille du second tour contre Ségolène Royal.

La seconde surprise concerne un autre durcissement, cette fois au Front National.

Pendant des mois Marine Le Pen s’est présentée comme le Front National nouveau. Refus d’entrer dans les polémiques de son père, sur le détail, sur les camps, sur l’antisémitisme, volonté d’afficher sa mesure et sa modernité à propos de l’avortement, déplacement des priorités de son programme : moins immigration et plus d’économie avec la crise et l’Euro.

Or en deux semaines, tout a changé. Est-ce une réaction à l’érosion dans les sondages, elle a durci le ton, et son père a repris du service. L’affaire du bal néonazi de Vienne a sonné curieusement dans cette campagne qui professait la distance avec les extrémistes. Puis son père s’est distingué pendant la convention présidentielle de Lille en récitant un poème écrit à la prison de Fresnes par l’écrivain et journaliste Robert Brasillach, fusillé à la Libération pour faits de collaboration, puis Marine Le Pen a décrété que toute la viande mangée par les parisiens, toute, jusqu’à la dernière côtelette, était de la viande Hallal.

D’un seul coup la campagne Bleu Marine, c’est re-Jean-Marie-Lepénisé, comme si la droitisation de Nicolas Sarkozy extrême-droitisait le Front.

Ainsi la phase dans laquelle nous entrons à deux mois du premier tour, est curieusement celle d’une primaire. Après la primaire au PS, voici la primaire à la droite de la droite.

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