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Dix coupables et un accusateur

2 min

Depuis quelques jours, dans la campagne électorale, il y a un coupable désigné, la classe politique, et un accusateur, le journal « The Economist », dont le dernier numéro va bientôt faire figure d’Evangile, de Bible, de Coran, ou de Sutras Buddhiques.

« La France est dans le déni » a décrété le magazine conservateur.

Dans le plus pur credo libéral « The Economist » accuse les politiques français d’ignorer totalement les vérités dérangeantes, la crise, la dette, les réformes, etc., ce qui est son droit le plus strict, autant que le droit des souverainistes, des antilibéraux, de la gauche, de l’extrême gauche est de penser que le magazine est dans le déni de la misère, et que ce n’est pas en mettant les peuples à genoux qu’on les fera courir plus vite.

Ceci est un débat, il fait rage en Europe, et ce qui frappe depuis dix jours, c’est que le libre commentaire du magazine Anglais soit présenté comme un fait, et pas comme un point de vue.

Certes, pendant un temps, les thèmes de la viande Hallal ou du permis de conduire, ou l’affaire de Toulouse ont semblé éloigner la crise des thèmes de la campagne. Mais l’idée que cette crise soit occultée est fausse. Jamais les candidats n’ont aussi peu promis depuis trente ans. Les économies budgétaires sont au programme de Nicolas Sarkozy comme de François Hollande.

De quoi parle Marine Le Pen ? De protectionnisme, c’est à dire d’une approche économique, contestée par beaucoup, mais qui parle encore de crise… A quoi correspond le discours de Jean Luc Mélenchon : à une dénonciation de ceux qui sont, pour lui, les responsables de ce désastre économique. Et Dupont Aignan, et Cheminade, et Poutou, et Arthaud, parlent-ils d’autre chose ?

Certes, leurs propositions sont clairement contradictoires, mais avez-vous regardez les cinq premiers candidats de l’émission « des paroles et des actes » hier soir sur France 2. Ils ne parlaient que d’économie.

Le « déni » dont parle The Economist n’est donc pas le déni de la crise. C’est seulement la contestation de l’analyse qu’en fait le fameux magazine. C’est la remise en cause d’une pensée qui se croit unique.

Dès lors, me direz-vous, pourquoi le succès médiatique de cette couverture anglaise au pays des Gaulois ? Les media Français se sont-ils convertis au catéchisme anglo-saxon ? Non, naturellement. Il y a seulement que le préjugé de « The Economiste » a rencontré un autre préjugé, bien Français celui là. Il nourrit le vieux refrain du « Tous pourris ». Il dit que nos politiques sont tous des irresponsables, et tous des coupables. Ce préjugé revient à toutes les élections. Depuis 1956, cette idée fixe a même un nom : le Poujadisme.

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